‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 123 sur 187 · LIVRE IV, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE I

Une commission fut donc ïiominée par le Ministre des Affaires Étrangères pour examiner cette question et Tétudier sous ses faces diverses. — Cette commission tint sa première séance à l'hôtel des affaires étrangères, le 23 avril 1857, sous la présidence du baron Brenier, ministre plénipotentiaire (i).

Le 18 mai, elle se réunissait pour la septième et dernière fois, et son président remettait quelques jours plus tard, au comte Walewski, l'ensemble des travaux auxquels elle s'était livrée sur la question de droit et d'intérêt politique, religieux et commercial.

Ces divers documents furent mis sous les yeux de TEmpereur, ainsi que les rapports officiels sur les persécutions toujours croissantes, dont les chrétiens étaient depuis si longtemps victimes dans toute l'étendue de la Cochinchine, malgré les énergiques réclamations adressées à ce sujet.

III. — Les clauses du traité de 1 787 ne pouvaient guère être invoquées , car, par des circonstances imprévues, ce traité n'avait reçu qu'un accomplissement incomplet de la part de la France. Mais les droits sacrés de Thumanité imposaient à l'Empereur le devoir de ne pas laisser

(1) Commission nommée par S. Ex, le ministre des affaires étrangères pour examiner les droits de la France sur la Cochinchine , par suite du traité conclu à Versailles le 28 novembre 1787 :

M. le baron Brenier, ministre plénipotentiaire, président ; — M. Cintrât, directeur au dépaitement ; le contre-amiral Fourichon; M. Fleury, directeur au ministère du commerce; M. Jaurès, capitaine de vaisseau; M. deMofras, secrétaire.

^e CAMPAGNE DE GOGHINCHINE.

tant de crimes plus longtemps impunis ; c'était défendre

à la fois la cause du christianisme et de la civilisation.

Les tentatives conciliatrices étaient restées sans effet; regardées plutôt comme des preuves de faiblesse, elles avaient empiré la situation et redoublé la fureur aveugle des persécuteurs contre leurs victimes. Les nouvelles réclamations devaient être, cette fois, précédées d'un acte énergique, pour être entendues du souverain anamite et pour lui faire comprendre que les armes de la France étaient décidées à venger tant d'actes de sauvage barbarie.

L'Empereur décida donc qu'une expédition serait envoyée en Cochinchine, et des négociations furent Immédiatement entamées avec la cour de Madrid pour obtenir d'elle, dans cette affaire, son concours direct; car l'Espagne, plus que toute autre puissance, était intéressée à cette expédition*

IV. — Une dépêche, datée du 25 novembre 1857, et qui parvint au contre-amiral R. de Genouilly, lorsqu'il était à Canton et se disposait à partir dans le nord de la Chine, était conçue en ces termes :

« M. le contre-amiral, la volonté de FEmpercnr est de mettre un terme aux persécutions qui se renouvellent sans cesse contre les chrétiens de la Cochinchine et d'assurer à ces derniers la protection efBcace de la France.

« Sa Majesté a décidé, en conséquence, que les forces placées sous votre commandement seraient augmentées de trois navires et de cinq cents hommes de troupes.

c Ces renforts partirent de France dans le plus bref

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