‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 126 sur 187 · LIVRE IV, CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE l

y fit construire des forts sous là direction de ces officiers; ces forts existent encore et sont dans un très-bon état de défense.

X. — D'autres ouvrages nouveaux ont été élevés depuis lors par les Cochinchinois sur le modèle de ces premiers travaux. — D*abord une batterie rasante, au pied de l'ancien fort du Nord ; elle est armée de douze pièces de trèsgros calibre, destinées à défendre avec ce fort, l'entrée de la rade.— Un autre fort dit de Y Observatoire, construit sur un îlot, protège également cette entrée. Cet ouvrage défensif présente deux fronts, armés aussi de pièces de gros calibre, prêtes à canonner les bâtiments qui voudraient entrer et ceux qui ayant réussi à forcer la passe, viendraient prendre un mouillage intérieur. Cet îlot est relié lui-même à la terre ferme par une chaussée en pierre de quinze cents mètres de long, qui assure aux défenseurs du fort une ligne de retraite.

La batterie de VAiguade est aussi de construction nouvelle; armée de neuf pièces de gros calibre, elle s'élève sur le flanc de la montagne pour battre de ses feux le mouillage intérieur. — Les routes de terre qui conduisent à ces différents ouvrages avaient été barricadées dans la prévision d'un débarquement ennemi. — De plus, deux des forts anciens, le fort de l'Est et le fort de rOuest, construits sur les deux côtés de la rivière, en défendent l'entrée, et dominent au loin la campagne; ils peuvent, avec des projectiles bien dirigés, la balayer sur une grande étendue.

m GAIPAON£ ne GOCHINCHINE.

De l'autre côté de la baie, en face de la batterie du Nord, se trouve encore un fort de peu d'importance.

On voit par cet aperçu quelles difficultés sérieuses eut rencontrées la division navale chargée d'enlever toutes ces positions, et de s'y établir fortement, si elles avaient été aux mains de défenseurs aguerris.

Placée au milieu du littoral du royaume anamite, cette baie présentait une excellente base pour les opérations en Cochinchine, et offrait en outre un point de relâche très-favorable aux navires qui devaient croiser au nord et au sud.

Le peu de résistance que Ton devait rencontrer montre clairement combien les renseignements parvenus à l'amiral étaient inexacts ; les Gochinchinois, loin de s'attendre à une attaque immédiate de ce côté, n'y avaient envoyé aucun renfort de troupes.

XL — Quelques mots maintenant sur l'aspect généraL Sur la droite, à l'entrée de la baie de Tourane, s'élèvent de très-hautes montagnes boisées qui la séparent de la capitale du royaume, — Vers le fond de la baie, ces montagnes s'éloignent de la côte pour laisser s'étendre une vaste plaine sablonneuse, où l'on voit le village de Tourane, et de distance en distance quelques misérables habitations construites avec des bambous et recouvertes de paille. Au-delà de ce sol, tout de sable et improductif, s'étend une autre plaine couverte d'abondantes cultures de riz, de patates et de millet. — Sur la gauche, des montagnes chargées d'une riche végé-

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