LIVRE IV, CHAPITRE I. 2S
comme aide de camp de l'amiral depuis le commencement de l'expédition. Sous ses ordres est le commandant Breschin, chargé du commandement particulier des troupes.
L'amiral a placé son quartier général sur un plateau élevé situé au-dessus du fort de TAIguade. — Les troupes espagnoles sont établies dans la baie au-dessous des hauteurs du fort du Nord. — Le bataillon des marins est rentré à bord des bâtiments.
XXII. — Malheureusement des maladies venaient souvent frapper les hommes les plus, robustes et enlever des bras aux travaux si utiles que commandait la situation présente , en face d'un ennemi qui , d'un instant à l'autre, pouvait apparaître en forces considérables. — C'est là le côté triste et cruel de ces expéditions lointaines : on compte avec l'ennemi, mais on ne peut compter avec ces terribles fléaux qui s'abattent tout à coup sur une petite armée et la déciment sans gloire, fantômes insaisissables, devant lesquels s'épuisent vainement la science et l'énergie. — Au choléra, qui avait sévi sur le corps expéditionnaire depuis son départ de Shangaï et pendant son séjour à Yulikan, avaient succédé les dyssenteries, les fièvres pernicieuses et le scorbut.
Le capitaine Goût, de l'infanterie de marine, succombait en quelques jours, et, après lui, le capitaine chef du génie Labbe, officier très-distingué, dont la perte laissait un vide réel dans les rangs de cette petite armée.
Uà GAMf AGIÏE DC GOCHIBCBINE.
« Pour honorer aotant qnll dépendait de moi (écrit l'anûral), la mémoire de cet esceUent officier et de ce sertiteur déroué, j'ai décidé que la bsUterie principale de la ligne de défense prendrait le nom de : Batî&rk
Sur ces rives éloignées où la guerre n'avait point encore porté ses firogrès destructeurs, il n'y avait point à redouter les combinaisons stratégiques d'un ennemi habile ; ce n'était point la bataiiUe avec ses plans longtemps médités, ses stratagèmes audacieux , ses subites péripéties où la victoire, longtemps disputée, est abandonnée sanglante sur nn vaste champ de morts. — L'ennemi à coinbattre c^élait l'inconnu, vers lequel il fallait marcher pas à pas, jawr par jour, qu'il fallait aller chercher ou qa'il fallait attendre ; aussi la pensée tout entière du commandant en rbef, auquel étaient eonfôées tant d'existences, s'appliquait à assurer Le ravitaillement de ses troupes et à combattre les influences pernicieuses d'un dimat qui menaçait de faire encore de si nombreuses victimes. Les barraquetnents sont augmentés et perfedioanés,. garantis à la fois contre le soleil et coatre les ravages des pluies torrentielles. Les hôpitaux sont établis avec le plus grand soin, et le soldat, en attendant l'heure du combat, peut apprécier par lui-même la constante sollicitude dont il est l'objet. Les ra{>po4*is des espions avaient appris à Tamiral que les Gochinchinois préparaient un grand nombre debrC^lots dans le haut de la livitee. — Auasîtèl l'orère est donné au commandant Jaurégniberry de la r^nonter avec sa