‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 131 sur 187 · LIVRE lY^ CHAPITRE 1. 29f · texte numérisé non relu

LIVRE lY^ CHAPITRE 1. 29f

flottille, pour s'assurer de la véracité de ces renseignements, et détruire ces brCUots s'ils existaient réellement. — Aux embarcations françaises et à la section d'infanterie de marine expressément placée sous les ordres du commandant, ont été ajoutées la chaloupe armée en guerre de l'aviso à vapeur el Cano, plusieurs canots de la division et quarante chasseurs espagnols.

XXIII. -^ La petite expédition part le 6 octobre, mais ne rencontre point de brûlots, car la rivière, au-dessus des montagnes de marbre, se divise en un si grand nombre de bras que les embarcations du pays peuvent facilement se dérober aux recherches les plus actives. — Mais, sur le bras principal du fleuve, deux fortes esta* cades sont protégées par trois batteries. Un corps ana* mite de cinq cents fusiliers récemment arrrivés de Hué, en a reçu la garde.

Les troupes françaises et espagnoles, conduites par leurs chefs, s'élancent avec un admirable entrain à l'assaut de ces défenses, qui semblent vouloir résister à notre attaque. Les ennemis, placés dans des embuscades en arrière des batteries , commencent une vigoureuse fusillade ; mais bientôt ils sont culbutés el mis en complète déroute ; les batteries sont rasées , les pièces en fer détruites et leurs affûts incendiés.

L'amiral commandant en chef attend le Pnmaugmu qu'il a envoyé en exploration dans le golfe de Tonqnin pour chercher à nouer quelques relations avec les chrétiens et les nûanonnaires; il espère que ce bâtiment lui

â9â CAMPAGNE DE GOGHINCHINE.

rapportera des renseignements qui lui permettront d'arrêter enfin un plan d'opérations.

II continue à constituer sur remplacement qu'il occupe un centre d'action solide, d'où le corps expéditionnaire pourra rayonner plus tard sur les diverses parties de la Cochinchine ; mais il est évident que c'est en se rapprochant de la capitale qu'il faut frapper des coups énergiques ; car, sans nul doute, de même que l'empereur de la Chine , le souverain anamite, confiant dans la force d'inertie, refusera de satisfaire à nos justes réclamations, jusqu'à ce qu'il soit menacé dans sa sécurité personnelle , au sein même de son royaume.

XXIV. — Ce fut à cette époque que le contre-amiral Rigault de Genouilly reçut la dépêche ministérielle qui lui annonçait que l'Empereur l'avait élevé au grade de vice-amiral (1). Celte juste récompense de la haute capacité qu'avait déployée, depuis le commencement de la campagne, le commandant en chef de la flotte française, lui disait ce que le souverain de la France attendait encore de lui.

(t) Paris, 17 août 1858.

L'Empereur , monsieur, par un décret du 9 de ce mois , rendu sur mon rapport, vous a élevé au grade de vice-amiral.

Vous devez cet avancement aux services distingués qui ont marqué votre carrière, et particulièrement à Tintrépide habileté dont vous avez fait preuve à la prise de Canton et à l'attaque des forts du Peï-ho.

J'ai mis un intérêt tout particulier à vous le faire obtenir.

Recevez, etc.

L'amiral ministre de la marine, Hamelin.

Page 1