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XXV. — C'est seulement vers la fin de mars, peut

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être même au commencement d'avril, que la barre et la rade de Hué seront praticables aux flottilles d'attaque et au convoi ; bien des événements imprévus peuvent, jusqu'à cette époque, entraver ce projet. — Mais le corps expéditionnaire ne doit point rester inactif; l'amiral a recueilli et étudié avec soin les divers renseignements qui lui sont parvenus de différents côtés, et Saigon luiparaîtle seul point attaquable avec les ressources dont ildispose»

« Un coup frappé sur Saigon (écrit-il au ministre de la marine , en date du 3 décembre) aura un effet trèsutile, d'abord sur le souverain anamite. - En second lieu , Saigon étant très -rapproché de la frontière du Camboge (il lui a appartenu anciennement), le roi du Camboge tentera peut-être quelqu'effort pour secouer le joug que fait peser sur lui la Gochinchine, et ce nous serait une favorable diversion. Enfin Siam entendra le retentissement du canon français ; ce retentissement ne peut que raffermir le souverain de ce pays dans les bonnes dispositions qu'il montre pour nous, mais qui sont, dit-on, plus apparentes que réelles, »

Dans une autre dépêche en date du 29 janvier 1859, l'amiral complète ses appréciations sur la place de Saigon :

« Saigon est eur un fleuve accessible à nos corvettes de guerre et à nos transports ; les troupes , en débarquant, seront sur le point d'attaque ; elles n'auront donc ni marches à fournir, ni sacs, ni vivres à porter. Cette

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opération est tout à fait dans la mesure de nos forces physiques. Je ne sais si Saigon sera mal ou bien défendu , tant les rapports des missionnaires au sujet de cette place sont confus et contradictoires. Mais, quoi qu'il en soit, Saigon est Tentrepôt des riz qui nourrissent en partie Hué et l'armée anamite et qui doivent remonter vers le nord au mois de mars. Nous arrêterons les riz.

« Le coup frappé à Saigon prouvera au gouverne^ ment anamite que tout en conservant Tourane, nous sommes capables d'une action extérieure, et l'humiliera dans son orgueil vis-à-vis des rois de Siam et de Camboge ses voisins, voisins qui le détestent et qui ne seront pas fâchés de trouver l'occasion de reprendre ce qui leur a été pris. »

XXVI. -^ L'amiral Rigaull de Genouilly eût voulu entreprendre cette expédition vers le 20 décembre, mais les pluies torrentielles qui se succèdent presque sans relâche, ont forcément interrompu les travaux et causé des dégâts qui retarderont le départ d'une quinzaine de jours.

Pendant ce temps, la flottille d'embarcations qui est restée en rivière sous les ordres du commandant Jauréguiberry, a de temps à autre quelques engagemenls peu importants ; l'ennemi cherche à barrer la douUe Voie qui , par terre et par eau , conduit de Tourane à la capitale de la proviace. — Nous n'avons aucun projet ^ d'attaque contre cette ville de troisième ordre et dont

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la prise serait un fait de guerre sans importance ; toutefois le commandant Jauréguiberry a reçu Tordre de maintenir une offensive vigoureuse, afin de contenir l'ennemi dans ses ouvrages et de l'empêcher d'en sortir. Dans les matinées des 20 et 21, cet officier supérieur a deux rencontres sérieuses avec les troupes anamites. — Le 21, il fait enlever à la baïonnette le fort de Dunnaï , armé de pièces de 24. L'ennemi se défend vigoureusement jusque dans l'intérieur du fort et laisse sur le terrain une trentaine de morts. — Les pièces qui armaient cet ouvrage sont enclouées, et huit pierriers, que les Anamites emploient beaucoup comme pièces de campagne, sont enlevés. Pendant ces deux journées, les soldats fiançais et espagnols ont combattu côte à côte avec le même sang-froid, la même énergie, le même entrain.

XXVÏI. — Les faits qui se passaient, ou devaient se passer en Gochinchine, n'avaient aux yeux du gouvernement de l'Empereur qu'une importance secondaire , surtout en face des éventualités de guerre qui surgissaient en Italie. Un corps expéditionnaire avait été envoyé en Gochinchine pour satisfaire aux sentiments d'humanité et chercher à arrêter les cruautés croissantes que les Anamites exerçaient contre les missionnaires chrétiens. Le succès de nos armes devant Canton et à l'embouchure du Peï-ho , succès si rapide , avait fait supposer qu'il' en serait de même en Gochinchine, et que la seule apparition des bâtiments de guerre euro-

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