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LIVRE IV, CHAPITRE II

XXXIII. — Le 11, dans la matinée, Tordre est donné de se mettre en mouvement.

La Dragonne dirige la marche des bâtiments qui naviguent sur une file, et va mouiller au-delà du fort de Canghio, prête à servir d*éclaireur, aussitôt que cet ouvrage, isolé sur la pointe de terre qui s'avance à l'extrémité du bassin, sera réduit.

Le PhlégétoUy qui porle le pavillon de l'amiral, tient la tête, et, en passant devant le fort, s'arrête et ouvre le feu. Ses obus incendiaires ne tardent pas à mettre le feu dans l'intérieur de l'ouvrage. — Le Primauguet^ V Avalanche y V Alarme, Vel Cano, la Saône et la Meurthe imitent le Phlégéton. L'ennemi riposte avec énergie, mais tout à coup une colonne de flammes et de fumée s'élève en tourbillonnant dans les airs et une seconde explosion se fait entendre : c'est le fort de Canghio qui saute, lançant au loin dans les eaux du fleuve ses débris enflammés.

Dans la journée, l'amiral donna ordre (1) d^appareiller

Ordre du 11 février 1859.

La Dragonne y V Avalanche, le Phlégéton, le Primauguet, VelCano, r Alarme, appareilleront après midi pour remonter la rivière jusqu'au premier barrage et dans l'ordre ci-dessus.

La onzième compagnie, embarquée sur la Meurthe, sera divisée en deux sections : le première section, commandée par le capitaine, embarquera snr le Phlégéton; la deuxième, commandée par le lieutenant , sur le Primauguet.

Le commandant Des Pallièrcs embarquera sur le Primauguet.

Vel Cano recevra à son bord une compagnie espagnole désignée par le colonel Lanzarote; un chef de bataillon espagnol prendra le com-; mandement de celte compagnie # de celle qui est embarquée sur le Phlégéton et le Primauguet.

306 CAMPAGNE DE COCilINGHINE.

pour remonter la rivière jusqu'au premier barrage ; mais le commandant en chef n'a pu recueillir que des notions très-confuses, et encore ces renseignements, fournis par des pêcheurs et des bateliers cochinchinois, ne doivent-ils être acceptés qu'avec méfiance. — Aussi, en quittant le bassin de Ngâ , l'amiral marche avec une grande prudence, précédé de la canonnière la Dragonne, qui éclaire la route ; il n'emmène avec lui que les bâtiments de guerre; les transports et le convoi doivent suivre lorsque la route sera ouverte, et sur un signal convenu.

XXXIV. — Pendant une partie de la route , des bois de palétuviers et de mangliers bornent la vue et voilent l'horizon. Les palétuviers croissent jusque sur le bord même du fleuve, encombrant les rives de leurs racines entrelacées qui se plongent dans les eaux, tandis que leur feuillage en effleure la surface. — Les berges sont plates et vaseuses. — Puis, cet aspect change, et à ces bois touffus succèdent tout à coup , presque sans transition , de grandes plaines cultivées en riz et en cannes à sucre. Quelques villages sont groupés çà et là ; et, de distance en dislance, on voit de misérables habitations construites avec des bambous et de la paille ; auprès d'elles croissent de grands arbres qui abritent les cultivateurs de ces fertiles campagnes , dont l'étendue se perd dans l'immensité de l'horizon.

Le mode d'attaque que l'wiiral a adopté contre les différents ouvrages qui défendent la rivière était comme

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