LIVRE IV, CHAPITRE
aux abords des murailles. Mais nul obstacle ne pouvait arrêter réian de nos soldats.
« Chaque fort pris ( écrit l'amiral ) , les pièces en fer étaient détruites, les canons de bronSse embarqués, les poudres et les projectiles noyés, l'ouvrage lui-même complètement détruit par le capitaine de génie Gallimard , qui incendiait les palissades et les blindages. — La ri^ vière ouverte ne pouvait se fermer derrière nous. »
XXXVII. — L'amiral avait hâte d'arriver devant Saigon, et le 15 au soir , il se trouvait en vue des deux forts qui, placés en face l'un de l'autre, défendent au Sud les abords delà ville, comme la citadelle les défend au Nord. — ZePré^en^, commandé par le lieutenant de vaisseau Ganteaume, avait rejoint la division navale dans la journée du 13. — Ce bâtiment arrivait de Hong-kong et amenait le commandant du génie Dupré-Déroulède.
A peine la canonnière d'avant-garde r Alarme a-t-elle, selon ses instructions, jeté l'ancre au coude de la rivière qui précède la position sur laquelle s'élèvent ces deux défenses, qu'elles ouvrent immédiatement leur feu. — Les abords de la rivière, formés de terrains fangeux où croissent de hautes herbes, sont couverts de plantations très-élevées et de buissons épais très -favorables à la défense. L'ennemi peut facilement masquer des batteries au moyen de ces obstacles naturels, et les découvrir tout à coup par un feu de mitraille, au moment le plus propice.
Le fort de la rive gauche est complètement caché
3J0 CAMPAGNE DE COGHINCHINE.
par un pli de terrain sur lequel se groupent des arbres très-touffus. — Mais celui de la rive droite montre à découvert Tune de ses faces, dont on peut, à Taide de la longue vue, distinguer nettement l'armement et les défenses.
Aussitôt U Phlégéton et le Primauguet viennent s'embosser et commencent un feu régulier et précis dirigé sur le fort de la rive droite. Déjà V Alarme^ qui s'est empressée de répondre à l'attaque dirigée contre elle, le canonne vigoureusement aussi; la face que nos boulets ont entamée ne tarde pas à être réduite au silence. — Hais la nuit approche et ne permet pas de prendre les dispositions nécessaires pour réduire complètement cet ouvrage, protégé à la fois par le terrain, par une forte estacade composée de matières inflammables, et par deux batteries.
Dans la soirée, Tamiral règle son plan de combat et réunit à bord du Phlégéton tous les commandants des bâtiments , auxquels il donne des instructions précises pour l'action du lendemain. — Une attaque de pointe parait, aux yeux du commandant en chef, offrir les conditions les plus favorables, car elle donne à la fois des vues sur deux faces de la fortification et sur les deux batteries annexes. — La canonnière F Alarme reçoit sur son gaillard d'avant deux canons de 30, et sous son gaillard , aux sabords de chasse , deux obusiers en bronze rayés du capitaine Lacour , que serviront les artilleurs de la marine; F Avalanche a.rme son gaillard d'un obusierde 80.— Le Phlégéton et le Primauguet placent chacun