‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 14 sur 187 · LIVRE 1 , CHAPITHË II · texte numérisé non relu

LIVRE 1 , CHAPITHË II

contre les personnes saisies. Il informa également sir John Bowring et le commodore EUiot, le plus ancien officier de marine sur les lieux, des détails de l'affaire.

« Dans la correspondance qui suivit avec ftf. Parkes, Yeh refusa d'admettre que le lorcha fût anglais, et soutint qu'une partie de l'équipage se composait de pirates. Il offrait de rendre neuf hommes. M. Parkes, néanmoins , reçut l'ordre de demander à Yeh d'écrire une tettre d'excuses, de. renvoyer sur leur vaisseau les Chinois arrêtés, et s'il les remettait aux mains des autorités, que le consul en fût chargé. Yeh persista à répondre que le lorcha n'était pas la propriété des étrangers et n'avait point de pavillon au vent ; il promit *que les agents chinois ne s'empareraient pas des lorchas étrangers, et soutint que les étrangers ne devaient pas vendre des titres aux sujets chinois qui construisaient des vaisseaux. Cependant sir John Bowring avait menacé le commissaire d'en appeler aux autorités navales, et on saisit par voies de représailles une jonque qu'on prit d'abord pour une jonque impériale, mais qui se trouva être un bâtiment de commerce, et qu'on relâcha.

« Le 15 octobre, M. Parkes informa Yeh de celte prise, en l'avertissant que les forces navales se trouvaient auprès des forts de Barrière. Le 21 du môme mois, M. Parkes, agissant d'après ses instructions, prévint Yeh que, s'il ne rempUssail pas les conditions requises dans les vingt-quatre heures, on adopterait des mesures ultérieures.

« Sur celte menace, une heure avant l'expiration du

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terme indiqué^ Yeb envoya le& doi»e hommes aa con* sulaU saiis les faire accompagner d*im agent de marque oa d'une lettre d'excuses^ U. Parkes écrivit de noavean à Yeh. Cefte lettre n'ayant amené aucun résultai, il fit circuler dans la cdooie étrangère la pièce qoi contenait l'ultimatum du 21. Le même jour, Yeb avait écrit en répétant ses anckns arguments et en se plaignant de la saisie de la jonque marchande. Le 22, M. Parkes répondit comme auparavant, et, dans la soirée, il prévint la colonie, par une circulaire, que Faffaire se trouvait, pour le moment, dans les mains du plus ancien officier de n>arine de Sa Majesté. »

XXUL — Le grand argument qu'opposait ie commissaire impérial du nice-f oi Yeh était que la patente (sailing license), obtenue à Hong-kong par le bâtiment Arrow , était expirée du 27 septembre ; que ce bâtiment, monté par des CMnois, s'élant livré à k piraterie sur les c6tesduTo-Kién> et étant même accusé d'avoir massacré le patron et l'équipage d'un lorcha portugais de Macao , avait fait s»a devoir en arrêtant les pmfctes. ]>'aiU»urs, ajoutait41, le lorcha ne portait point le paviUon anglais à son mât, lors de l'arrestation des Chinois.

Cependant le plénîpotesiliâire de Sa Majesté Britannique en (Uiine, sir John Bowring» et le contre-amiral Michaël Seymour, commandant en chef les escadres de Sa Majeslé dans les stations de l'Inde et de la Chine, déciderait» à la suite d'une conféreiM» teni^ à Hong-

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kongy à laquelle assistait M. Parkea» que le seul moyen à employer, pour obtenir satkfaeiion complète , serait de s'emparer des fortificati(His de la vUlc de Canton (1).

(1) Le coDtre-amiral M. Seymour dans sa dépêche da U novembre adressée à l'amirauté rend ainsi compte des faits qui précédèrent les hostilités.

«Monsieur, au sixième paragraphe de ma leitca générale, n*91 du 15 septembre, j'ai fait allusion au fait que les autorités chinoises araieui, quelques jours auparayant, capturé Téquipage chinois d*un loreha sous pavillon anglais, et que j'avais demandé satisfaction de cette insulte.

« 2^ J'ai maintenant l'honneur de faire savoir aux lords commissaires de l'amirauté que,, le 8 octobre, le lorcha jirrow, muni d'une patente coloniale délivrée par le gouverneur de Hong-kong, fut, pendant qu'il était à Tancre dans les eaui de Canton, abordé par un officier et quelques» soldats chinoise G«ux-ei» malgré le& reanoDtrances du capitaine du lorcha , un Anglais , saisirent 12 hommes de l'équipage , les lièrent et les emportèrent après avoir amené le pavillon anglais. Le consul de Sa Majesté eut ensuite une explication qui n'anena aucun résultat avec l'officier qui avait capturé l'équipage.

a 3» Le grand commissaire impérial fut immédiatement informé de ee4 outrage par M". Parkes , consul de Sa Majeslé <{ui exigea que les douze prisonniers fussent reconduits à bord du lorcha par le même officier qui les avaient faits prisonniers, que des excuses seraient faites,, et que lee autorités chineises poComettraieot de respecter le pavillon anglais à l'avenir.

a En lisant les documents qui accompagnent ces dépèches , Leufs Seign^ries observeront que^ hien que les douze hommea aient été rendus, ce ne fut pas publiquement comme ils avaient été faits prisonniers, et que toute apparence d*excuse fut soigneusement évitée par h» autorités chinoises.

oc 4» Le 11 octobre, cette circonstance désagréable m'ayant été communiquée par sir John Bowring, plénipotentiaire de Sa Majesté en CâkinC; je fift^ en repré«aillQs,. captura' ane jonque chinoise,, et envoyai au Commodore VEncaunter et U Sampsony espérant que la présence d'une force aussi imposante, donnerait au grand commissaire h. prudence d^aceéder ànoa demandes; Biais Sea KxeeUeQoe parut déterminée à résister.

« o" Alors M. Parkes se rendit à Hong-kong pour s'entendre avec mi et sic John Bewrins surtoa meiliausea mesures à adoptm. »

On devait espérer qu'une pareille démonstration prouverait clairement anx autorités supérieures chinoises les funestes résultats que pourraient amener de plus longs refus.

L'amiral mit donc , sans retard , sous vapeur, avec une flottille composée d'un vaisseau de quatre-vingts et de six frégales et corvettes à vapeur. — Le Cal'cutia, s'avança au delà des porls du Bogue, autant que son tirant d'eau pouvait le lui permettre, et le contreamiral M. Seymour, meltant son pavillon sur l'aviso à vapeur le Cojvmaiidel, se dirigea de sa personne sur Canton avec des bateaux de débarquement, et suivi du Sampscn et du Barracouta qui emportaient les équipages et les soldats de marine du Calcutta et de deux autres bâtiments.

XXIV. — Dès que l'amiral fut en vue du port de Blenheim, il détacha le Sampson et une partie de ses forces qui allèrent occuper le passage de Macao et prendre possession du fort de Bleinheim, afin d'empêcher les Chinois de bloquer le canal. Pendant ce temps l'amiral remontait lui-même avec le Barracouta jusqu'aux forts des Quatre-Barrières, à cinq milles environ au-dessous de la ville.

« Là, écrit-il, les steamers jetèrent l'ancre, et j'envoyai prendre les forts. Les deux qui se trouvaient les plus rapprochés essayèrent vainement de se défendre et tirèrent sur les steamers et sur les bateaux de débarquement. Nous tuâmes cinq soldats chinois. Les forts

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