‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 142 sur 187 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

écuries étaient les prisons, cloaques infects et obscurs composés d'une suite de petites cases, où les prisonniers ne pouvaient même pas se tenir debout. Une trentaine de malfaiteurs avaient la cange au cou, et plusieurs étaient enchaînés par le milieu du corps. — Ces malheureux, en nous apercevant, crurent que. leur dernière heure était venue, et ils tendaient vers nous leurs bras avec des supplications : quelques-uns, mornes etabattus, semblaient résignés à leur sort ; il serait plus vrai de dire, qu'ils étaient accablés par les souffrances qu'ils avaient -endurées.

XLIV. — Tout le pays environnant la citadelle, était occupé par la ville de Saigon, composée de maisons de bois recouvertes en paille. Au milieu d'elles et d'espace en espace quelques-unes se détachaienf bâties en briques et recouvertes en tuiles. Ces maisons, du reste, presque toutes construites avec beaucoup d'art avaient chacune un jardin parfaitement cultivé, et étaient entourées de grands arbres, dont l'ombre les protégeait contre les rayons brûlants du soleil.

A l'extrémité la plus éloignée de Saigon se trouvait le quartier chinois, qui était le quartier commercial de la ville; il rappelait, par sa physionomie,, toutes les villes de Uttoral de la Chine.

Le pays avait lui-même un aspect splendide de fertilité. — C'était, à perte de vue, un horizon immense de grandes plaines toutes richement cultivées en cannes à

sucre et en riz. — On voyait, de distance en distance, de grandes meules de riz ; des arbres centenaires s'élevaient inajeslueusoment et élendaient au loin leurs branches chargées de feuilles ; puis c'étaient des bananiers, des citroniers, des orangers au vert feuillage qui égayaient et parfumaient à la fois ces vastes campagnes cultivées avec le plus grand soin.

Les bâtiments de la division navale poussèrent des reconnaissances à 50 milles environ au-delà de Saigon; ils trouvèrent quelques gros villages sur le bord de la rivière, mais tous avaient été évacués. — Jusqu'à cette distance le fleuve est navigable pour les plus gros navires.

XLV. — « Les Cochinchinois, (écrit un offlcier de la •flotte), ont un type de physionomie qui rappelle beaucoup celui des habitants de la Chine; ils portent une longue robe presque toujours d'un bleu foncé, ouverte â partir de la hanche; sous cette robe un large pantalon. Leurs cheveux très-longs sont cachés sous un turban de crêpe dont ils s'entourent la tête. -— Les femmes, presque toutes fort laides, portent à peu près le même costume; elles ont l'habitude étrange de se teindre les dents en noir, et mâchent constamment le bethd^ sorte de composition formée d'une feuille de béthel, de noix d'arck et de chayx; ce mélange est fort prisé par les habitants de ces contrées.

a Toutes les habitations sont construites en bois et en paille; des nattes servent à séparer chaque cabane en différents compartiments. >v

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