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LIVRE IV, CHAPITRE II

Les autorités anamites, ainsi que les troupes et la population, s'étaient retirées à Bien-Hoâ et à Mylho, capitales des deux provinces voisines de celles de Saigon, mais pourtant assez éloignées de celte ville.

Une partie de la population, sous h pression des mandarins, les avait suivies; obéissant bien plus, sans nul doute, aux ordres qui lui avaient été intimés par les autorités, qu'à la terreur que nous lui inspirions.

Peu à peu, quelques chrétiens du haut de la rivière vinrent se rallier à nous et se grouper dans les maisons abandonnées.

XLVl. — « La prise de la citadelle de Saigon, écrivait le vice-amiral Rigault de Genouilly à S. Exe. le Ministre de la marine (1), nous a rendus maîtres d'un matériel considérable : deux cents bouches à feu environ en fer ou en bronze sont tombées en notre pouvoir; nous avons pris, en outre, une corvette et sept ou huit jonques de guerre encore sur les chantiers. — La citadelle renfermait un arsenal complet. En comptant ce qui se trouvait dans les forts, on peut estimer les armes de main à vingt mille gingalls, fusils, pistolets, lances, piques et sabres. Nous avons trouvé partout d'énormes quantités de poudre; la citadelle seule en renfermait quatre-vingtcinq tonneaux, en caisses ou en barils, sans compter les poudres en gargousses et une quantité énorme de cartouches et de fusées. Les projectiles et les balles étaient

(1) Dépêche du 28 février 1859,

en proportion; les magasins contenaient en outre du salpêtre et du soufre, du plomb et des équipements militaires de toute nature, du riz pour nourrir six à huit mille hommes pendant une année, et une caisse militaire renfermant des sapènes pour une somme de 130 000 francs. — En valeurs enlevées ou détruites, en comprenant dans ces dernières celles de la citadelle et des vastes établissements qu'elle renferme et que je compte raser de fond en comble, on peut estimer que le gouvernement anamite subira ici une perte d'une vingtaine de millions.

« C'est là le côté matériel ; mais pour apprécier l'ensemble des résultats de Texpédilion, il faut y joindre la perte de l'influence morale sur les royaumes voisins, et ce coup n'est pas nioins sensible que le premier. »

XLVII. — On le voit par cette dépêche, l'amiral a résolu de détruire la forteresse de Saigon et toutes ses vastes dépendances, « l'occupation de cette vaste citadelle, écrit-il, eût exigé une garnison beaucoup trop considérable pour nos effectifs restreints, et demandé un armement en canons et en munitions que nous sommes impuissants à fournir. Elle nous eût en outre entraînés dans des opérations trop fréquentes pour nos moyens maritimes. »

Pendant que le capitaine Gallimard rétablit le fort du Sud, le commandant Dupré-Deroulède.dirige avec activité les travaux de mine qui doivent renverser la citadelle.

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