LIVRE I, CHAPITRE II
« Toutes les positions fortifiées de la ville se trouvaient alors entre nos mains (écrit l'amiral Seymour dans sa dépêche du 14 novembre à l'amirauté); f ai pensé que le grand commissaire verrait la nécessité de se soumettre. Je lui fis donc écrire par M. Parkes, déclarant que lorsque Son Excellence consentirait à arranger Taffaire d'une façon convenable, je suspendrais mes opérations; mais la réponse ne me satisfit pas. »
En effet, Yeh persistait dans sa résistance, reprochant à l'amiral les actes auxquels il se livrait, et contre lesquels, au nom de son souverain, il protestait énergiquement. — Vers le milieu delà journée, un corps de troupes chinoises, appuyé par des forces considérables, occupa les rues des factoreries les plus éloignées de la rivière. Le consul Parkes les somma inutilement de se retirer, et la garde des soldats de la marine royale, s'avançant alors sous les ordres du capitaine Penrose, dut les repousser, en leur faisant essuyer une perte de quatorze hommes tués ou blessés.
En présence de UaUitude de Yeh , il fallait donc ou s'arrêter, ce qui, loin d'amener un heureux résultat, eût décuplé l'arrogance du commissaire impérial, et amoindri encore l'influence anglaise déjà si compromise, ou bien suivre la voie d'agression dans laquelle on s'était imprudemment jeté.
XXVn. — Des deux côtés, la position était franchement mauvaise. — Loin d'avoir fait un pas vers la conciliation, on semblait avoir détruit toute possibilité d'un
accord; le ton amer et plein d'irritation des correspondances échangées chaque jour ne laissait aucun doute à cet égard. Pour motiver une attaque sérieuse contre Canton, il fallait agrandir la question, l'élever audessus de la réclamation primitive, au sujet de V Arrow et changer le terrain de la discussion, en réveillant une question politique très-importante et très-débattue depuis longtemps.
A ce double point de vue, il nous paraît utile de retracer dans tous leurs détails les événements qui vont se passer devant Canton; car, en Angleterre même, ils ont donné lieu à de sérieux et retentissants débats.
XXVIII. — Après s'être entendu avec sir J. Bowring, l'amiral Seymour écrivit , le 27 octobre , au gouverneur impérial une lettre très -significative, au sujet des nouvelles prétentions qu'il croyait pouvoir élever dans les circonstances présentes , et il en parle en ces termes :
a Je suis d'avis, comme sir John Bowring, que l'occasion était bonne pour réclamer Taccomplissement de certaines obligations du traité qu'on éludait depuis longtemps, et je donnai, en conséquence, mes instructions à M. Parkes pour qu'il fît la communication suivante en addition aux prétentions primitives. »
Ces prétentions, nouvellement émises, comprenaient le droit de tous les représentants étrangers d'avoir un libre accès auprès des autorités et dans la ville de Canton,