LIVRE IV, CHAPITRE III
d*infanterie qui ont le moins souffert comptent de trente i trente -cinq soldats en état de faire le service. Le bataillon d'infanterie récemment arrivé sur la Marne et la Didon, et la compagnie d*artilierie apportée par le Duchayla sont les corps qui ont fait les pertes les plus grandes. La compagnie d'artillerie ne compte pas vingt soldats valides.
« Les équipages n'ont guère été moins maltraités que les soldats, et sans les auxiliaires tagals que M. le capitaine général des Philippines peut rappeler d'un moment à l'autre, les bâtiments seraient désarmés.
« Vous voyez, monsieur le Ministre, que tout ici tend à la ruine, hommes et choses; car vous savez déjà depuis longtemps dans quel état se trouvent les appareils de la plupart des navires à vapeur, dont je vous avais demandé le remplacement. *
LXXn. — En réponse à cette dépêche, le ministre faisait savoir à l'amiral qu'il lui était impossible de satisfaire à ses demandes et il l'engageait à tenter des négociations conciliatrices avec les Anamites , dans le but de conclure un traité sur les bases du projet du 25 novembre 1857. — Le ministre laissait aussi à l'appréciation du commandant en chef la question d'une évacuation complète de la Gochinchine.
« Dans l'état actuel des choses, la tentative d'un traité* de paix rencontrera (écrivait l'amiral) de trèsgrandes difficultés, car il a été répandu dans le pays que nous n'entendrions à aucun arrangement avant que
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la dynastie actuelle fût renversée et remplacée sur le trône. — De là, les efforts inouïs que l'empereur anamite a faits et fera pour la résistance; de là, son silence absolu vis-à-vis de nous et l'absence de toute communication. »•
Toutefois ces difficultés n'excluaient pas des tentatives de conciliation, dussent-elles rester sans effet, et l'amiral s'apprêta à nouer dans ce sens des relations avec les autorités cochinchinoises.
Restait la question de l'évacuation complète.
S'appuyant sur la nécessité de conserver Tinfluence française dans l'extrême Orient, à laquelle une retraite de la Gochinchine porterait le coup le plus fatal, Tamiral déclinait la responsabilité de toute initiative à cet égard. Dans son appréciation, cette question, subordonnée aux conséquences de la guerre engagée en Europe, ne pouvait être décidée que par le gouvernement II attendrait donc, disait-il, de nouveaux ordres du ministre avant de quitter la Gochinchine, et s'y maintiendrait tant que le commandement en chef lui serait conservé. En effet, à la fin de cette dépêche, l'amiral, après avoir exprimé au ministre son profond regret de l'impuissance où il était d'agir contre Hué, lui renouvelait sa demande d'être remplacé dans son commandement. Cette demande, il l'avait présentée déjà depuis quelque temps; car sa santé délabrée, qui s'affaissait chaque jour davantage sous l'influence du climat et des fatigues excessives, lui faisait craindre , dans son profond sentiment du devoir, de ne pouvoir remplir les graves obligations