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LIVRE IV, CHAPITRE UI

Il était neuf heures du matin, nous étions maîtres de toutes les positions, et les Anamites réfugiés dans les èois ou dispersés dans la campagne purent voir flotter les drapeaux alliiés sui* leurs forts et sur leurs bastions.

Il était impossible de songer à transporter au camp Tartillerie ennemie. — Aussi le capitaine Lacour a reçu l'ordre de la détruire ; un certain nombre de canons de gros calibre fondus à Hué et récemment arrivés de cette capitale étaient remarquables par la bonne exécution et le fini du travail. — Quarante bouches à feu chargées à outrance avec des éclisses sont brisées en éclats , et rincendie allumé à la fois sur tous les points des lignes anamites dévore ces ouvrages de défense si laborieusement accumulés. — Les flammes s'élèvent de toutes parts en tourbillonnant ; de toutes paris les ex* plosions des magasins à poudre se font entendre, et les murs s'effondrent avec un fracas sinistre, aux acclamations des troupes alliées qui assistent à cette oeuvre de destruction.

LXXXV. — « A une heure (écrit l'amiral), les troupes rentraient dans leur camp excédées de fatigue, bien qu'elles n'eussent pas fait plus de deux à trois lieues de marche et sans sacs. — Le lendemain, les ambulances étaient remplies de fiévreux. »

Fatal climat qui venait ainsi frapper sans relâche ceux que le combat avait épargnés.

La journée du 15 septembre nous coûtait dix morts et quarante blessés; au nombre des morts est le iieute-

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nant d'infanterie Giorgi, qui, lancé à la poursuite de Tennemi , est tombé pour ne plus se relever, frappé d'une insolation.

Cette attaque si vigoureuse et si rapidement couronnée de succès devait être le dernier acte militaire du commandant en chef. — Un mois après environ (19 octobre) , le vice-amiral Page arrivait à Tourane , pour prendre le commandement de la flotte, en remplacement du contre-amiral Rigault de Genouilly, qui sur. sa demande rentrait en France, après avoir exercé le commandement en chef dans les mers de Chine pendant l'espace de deux ans et demi (du 4 février 1857 au 20 octobre 1859).

L'amiral a reçu la nouvelle de la paix signée avec l'empereur d'Autriche. — Cet événement important allait évidemment changer la situation du corps expéditionnaire, et rendre possible l'envoi des renforts si vainement demandés par le commandant en chef de la station navale ; le ministre de la* marine révoque en effet les instructions comprises dans ses dépêches du 3 mai et du 23 juin. Ces opérations militaires en Cochinchine allaient entrer dans une nouvelle phase, en se subordonnant aux nouvelles décisions des armes alliées en Chine , mais elle y puisait des ressources précieuses pour réparer les pertes de ses états-major et de ses équipages.

LXXXVL— Cette première expédition en Cochinchine n'avait enregistré que des succès ; conduite avec éner-

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