‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 18 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

neursans doute pour d'aussi faibles ennemis, le bâtiment anglais ouvre son feu ; les jonques répondent énergiquement, ainsi que les forts. — C'est donc enfin un combat, feu pour feu, coup pour coup; mais les boulets des jonques et des forts pleuvent autour du bâtiment, sans l'atteindre, et passent en sifflant dans les agrès ou s'engloutissent dans la rivière. La canonnade dure ainsi trente-cinq minutes. — Les jonques sont tellement criblées de mitraille que les Chinois qui les montent sont forcés de les abandonner; alors le Barracouta concentre tout son feu sur le fort, la Folie française^ et ne tarde pas à s'en rendre maître. Toutes les jonques sont détruites, excepté la jonque amirale.

Le feu de l'ennemi avait duré plus d'une demi-heure avec une excessive vivacité ; et telle était l'inhabileté du tir des Chinois , que le bâtiment anglais n'avait à constater qu'un seul matelot tué et quatre blessés (1).

XXXIIL — Cependant le gouverneur Yeh ne fléchit pas dans sa résistance ; l'état de guerre continue, et à tout instant on peut craindre que des brûlots enflammés viennent s'attacher aux flancs des navires.

Ainsi le 8, pendant la nuit, la marée montante en apporte quatre : l'un deux s'accroche au Barracouta, l'incendie du bâtiment est imminent; heureusement des matelots se précipitent sur le câble et le coupent. • Dans l'intervalle du 8 au 12 novembre, trois députa-

(1) Rapport de l'amiral M. Seymour.

tions des négociants les pins importants de Canton se rendent auprès du consul. — Malgré leur vif désir de voir cesser la terrible pasition dans laquelle ils se trou* vent , ils ne peuvent cacher que le vice-roi reste inflexible dans sa volonté, et que les Anglais ne peuvent espérer qu'il admette jamais le droit de résidence des représentants anglais dans Tintérieur de la ville. « Pourquoi, disent-ils, soulever cette nouvelle question qui aggrave les difficultés pendantes , et ne pas en faire l'objet de transactions ultérieures? »

La question ne faisait donc pas un seul pas vers une solution possible. — Le petit nombre de troupes dont disposait Tamiral ne permettait pas une occupation sérieuse sur différents points; il fallait se contenter de bombarder la ville par intervalles, de s'emparer successivement des différents forts, et de les détruire, en sachant hien , toutefois , que ces ruines fumantes et ces affûts de canons brisés ne pouvaient donner ni l'orgueil ni le résultat d'une victoire. Les forts du Bogue seront attaqués et pris , comme ont été attaqués et pris les autres forts.— Qu'importe? le commissaire n'en persistera pas moins dans son refus.

XXXIV. — En effet l'attaque a lieu. — Les forts sont bien armés ; ils sont défendus par deux cents canons. Pendant une heure, ils résistent énergiquement, avec la même inhabileté, mais avec courage, car les canonniers chinois se font tuer sur leurs pièces et attendent de pied ferme les troupes de débarquement. Mais le

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