‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 20 sur 187 · LIVRE I, CHAPITBE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITBE II

liaient enfin rimpossibililé d'obtenir satisfaction par les armes, et cherchaient par tous les moyens en leur pouvoir à sauver leur position compromise.

Était-il possible en effet que cet homme orgueilleux , rompu au travail d'une diplomatie astucieuse, inspiré en outre par sa haine instinctive contre les nations européennes et contre leurs prétentions de faire pénétrer des représentants dans Tintérieur de Tempire, ne pesât pas à sa juste valeur Tinsuffisance des ressources que ses ennemis pouvaient appeler à leur aide ? Était-il possible qu'il ne calculât pas la distance qui séparait la flotte anglaise de son propre pays, isolée, pour ainsi dire, au milieu des mers de la Chine, sans instructions précises de son gouvernement , et qu'il ne cherchât pas à en tirer profit pour sa propre cause? — Voilà tout le secret de son imperturbable résistance et de ses refus d'adhérer aux propositions qui lui étaient sans cesse renouvelées.

Ainsi , le représentant de l'Angleterre cherche vainement à se mettre en rapport avec le grand commissaire impérial. En vain il demande qu'une entrevue lui soit accordée dans la ville; reritrevue est catégoriquement refusée (l).

l\ faut reprendre sérieusement les hostilités. La Folie française y que l'on avait dû abandonner après l'avoir occupée, a été fortifiée par les Tartares. On s'en empare de nouveau ; mais cette fois la résistance est déjà mieux

(1) Dépêche de Tamiral Seymour du 24 novembre 1866.

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ordonnée (1). Les Anglais comptent quelques tués et blessés.

XXXVII. — On est arrivé au 15 décembre. Les Chinois , sentant bien qu'ils ne peuvent se mesurer contre les Anglais , ont organisé Tincendie sur une grande échelle, et tout à coup, sur vingt points à la fois , s*é<lèvent des tourbillons de flamme et de fumée. — Ce sont toutes les factoreries étrangères que le feu dévore. L'ennemi sait que tous les îlots et tous les forts dont se sont emparés et peuvent s'emparer les Anglais, ne valent pas à leurs yeux (2) ces grands établissements de commerce réduits en cendre.

Cependant l'église et les casernes ont été sauvées de l'incendie général, et l'amiral comprend l'importance de conserver à tout prix sa position à Canton; il occupe l'église, les casernes, et se retranche dans les jardins des factoreries avec un petit corps de trois cents hommes.

Néanmoins dans la ville et sur la rivière la résistance continue à se développer ; elle rend de plus eu plus précaire la situation dans laqudle se sont imprudemment l^cés les Anglais.

Enhardi par cette apparence de succès qui, non-seulement arrête l'invasion de ses adversaires, mais les force même à prendre une position défensive, le commissaire impérial Yeh retrempe sa résistance dans l'effet

(1) Dépêche du 14 décembre 1856.

<2) Dépêche du 29 décembrt 1856.

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moral que produit ce fait aux yeux de la population chinoise qu'il soulève et agite chaque jour davantage par les proclamations les plus violentes.

« Le 23, M. Cowper est enlevé à Wampoa. — Le 30, le paquebot de poste, le Chardon^ est capturé par les Chinois qui sont à bord ; ils massacrent onze personnes et emportent leurs'têtes. Les propriétaires chinois du district en face de Hong-kong interdisent de fournir des provisions à la colonie. Le magistrat d'un autre district ordonne aux domestiques de quitter le service des étrangers. Partout des affiches interdisent le commerce, et mettent à prix la tête des étrangers (1). » «

XXXVIir. — On le voit, la colonie anglaise de Hongkong elle-même est sérieusement menacée. L'assassinat des barbares est partout organisé ; on parle même de sources empoisonnées , et de temps à autre des incendies partiels indiquent la surexcitation des esprits.

Bientôt les agressions directes se multiplient dans la rivière de Canton; les Chinois coulent des jonques pour intercepter le passage , et continuent à lancer des brûlots qui souvent font courir de grands dangers aux vaisseaux anglais, — Le Coromandel, sur lequel flotte le pavillon de l'amiral Seymour, est attaqué au moment de la plus basse marée, car l'ennemi n'ignore pas que les steamers ne peuvent alors se prêter un mutuel

(1) Récit de M. Laurence Oliphant, secrétaire de la mission anglaise, vôLIyp. 10.

appui; des forces considérables se montrent aussi autour du fort Macao.

On est au mois de janvier 1857. — Les troupes de débarquement sont sérieusement menacées dans les jardins de la factorerie. L'amiral fait détruire , aux alentours, toutes les maisons qui peuvent faciliter les approches de l'ennemi, et, pendant qu'un incendie, allumé par ses ordres, embrase les faubourgs, il lance un fort détachement qui essaye d'entrer dans la ville. Les Chinois, cette fois, sont sur leurs gardes; l'attaque est repoussée avec une perte d'hommes qui, bien "que minime, n'en est pas moins très-sensible dans la situation présente.

D'un jour à l'autre, la position des Anglais autour des factoreries réduites en cendres peut devenir intenable. —Le 14 janvier 1857, l'amiral Seymour se décide enfin à l'abandonner , ainsi que celle qu'il occupait à la Folie hollandaise et se retire, sur le fort du Nid d*Oiseaux et sur celui de Macao.

XXXIX. — Le commandant en chef anglais ne se dissimule pas que ce mouvement en arrière détruit en partie l'effet de ses premières attaques si heureusement accomplies ; il craint surtout d'être forcé de se replier encore. Aussi demande-t-îl avec instance au gouverneur de rinde un renfort de cinq mille hommes. Ses prévisions ne tardent pas en effet à se réaliser ; il lui faut encore abandonner le fort du Nid (TOiseaux , et réunir les deux garnisons dans celui de Macao , confié

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