LIVRE I, CHAPITRE II
au brave capitaine Bâte, dont on devait bientôt avoir à déplorer la perte.
Un mouvement insurrectionnel est à redouter. Sir J. Bowringy justement préoccupé des dangers de la situation, s'est concerté avec l'amiral Guérin, commandant en chef la division française , afin d'être à même de contenir la population chinoise de la colonie, si l'insurrection, dont on est menacé, venait à éclater. — Cinquante hommes des équipages français ont pris position dans la partie est de la ville , et tout est préparé pour mettre à terre, au premier signal, les compagnies de débarquement au complet, ainsi que quatre obusiers de campagne.
De son côté, l'amiral Seymour attend l'arrivée des renforts, qui seuls peuvent lui permettre de reprendre fructueusement l'offensive. Mais il devait rester longtemps encore dans cette alternative, et laisser s'accroître ainsi la confiance dédaigneuse du vice-roi de la provirce de Canton.
A l'exception d'un engagement assez sérieux dans la baie de Faîshan, ce n'étaient plus que des actes partiels. « Les Chinois continuaient à enlever les individus , à assassiner , à capturer les paquebots et à harasser les troupes anglaises de cent manières fort ingénieuses. Nous continuions, écrit M. Oliphant, à les poursuivre dans les baies, à brûler les villages où Ton nous avait insultés, et à nous venger en tout point de notre mieux, sans que ce lût , il faut l'avouer, de manière à augmenter leur effroi de nos armes et leur respect pour notre civilisation. »
SO CAMPAGNE DE CHIKfi.
XL. — En retraçant ces événements y qui furent k prologue de la double mission du baron Gros et d^ lord Eigin dans les mers de la Chine, nous avons suivi avec ime scrupuleuse exactitude les documents anglais et les dépêches de l'amiral Seymour à TAmirauté.
Ce prologue a deux aspects très-distincts qui ne peuvefit manquer de frapper celui qui Tétudie dans son ensemble et dans ses détails.
D'abord les Chinois , surpris par les attaques des Anglais , ne tentent même pas de se défendre ; ils semblent avoir à la fois l'inexpérience du combat et de ia mort. — Au premier coup de canon, ils abandonnent tous les forts les uns après les autres ; c'est ainsi que les bâtiments anglais et les compagnies de débarquement pénètrent dans la rivière de Canton et bombardent la ville, dont les fmibourgs sont incendiés. Les Anglais croient marcher à une conquête certaine, et, malgré l'insuffisance des forces qu'ils ont à leur disposition, ils ne doutent pas un instant qu'ils amèneront le commissaire impérial k leur rendre pleine et entière satisfoction ; missi profitent-ils de la terreur qu'ils se figurent avoir inspirée aux Tartares, pour remettre au jour de nouvelles prétentions et des réclamations nouvelles. — Mais demandes, négociations» tentatives de toute nature, viennent se briser contre l'impassible et immuable dénégation du gouverneur.
XLL — Pendant ce temps» les Chinois ont repris courage» et les voilà qui» à leur tour, lancent sans se fa-