‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 22 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE II. M · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II. M

liguer des brûlots contre les bâtiments anglais, et, imitant l'exemple qui leur a été donné, procèdent de tous côtés par l'incendie, réduisant en cendres la plus grande partie des factoreries. — Les proclamations les plus implacables contre les Anglais se succèdent sans relâche. Les assassinats isolés se renouvellent sur différents points, et, peu à peu, l'amiral anglais, pressé par des attaques incessantes auxquelles il était loin de s'attendre, se voit forcé d'abandonner une à une toutes les positions qu'il avait occupées, et que le petit nombre de troupes qu'il possède ne lui permet plus de conserver; il ne garde, comme dernière position, que le fort de Macao. — Fâcheux revirement pour l'influence anglaise dans ces contrées lointaines.

Tous ces événements sans importance aucune, comme faits de guerre, empruntaient pourtant une valeur réelle à la position imprudente dans laquelle s'étaient mis sir John Bowring et l'amiral Seymour, et rendaient inutiles les violences qu'ils avaient exercées dans un but dont ils se trouvaient plus éloignés que jamais. Lorsque la nouvelle en parvint en Angleterre, elle produisit une douloureuse sensation, et amena des discussions sérieuses et animées au sein des deux Chambres* -«- Les orateurs les plus éminents prirent la parole, et, à la Chambre des Lords , le comte de Derby proposa une motion de blâme (l) contre les actes vio-

(1) Motion du comte de Defhy à la Chambre dés tords.

a 1" Que la Chambre des Lords a appris, avec un profond regret, rinterruptîon des relations amicales entre les sujets de Sa Majesté et les autorités chinoises à Canton , paf suite de mesures adoptées par

lents et insuffisamment motivés qui s'étaient passés en Chine.

XLII. — Le noble lord accuse sir J. Bowing, qui exerçait les hautes fonctions de ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Britanique de s'être laissé maîtriser par l'idée absorbante de sa réception officielle à Canton, but devant lequel a bientôt disparu la cause primitive du différend qui s'était élevé, au sujet du bâtiment V Arrow.

Le comte de Derby adjure enfin les Lords qui siègent à la haute Chambre « de ne pas souffrir, de la part des autorités qui sont sur les rives étrangères, cette usurpation de la plus importante prérogative de la couronne, celle de déclarer la guerre, de ne pas permettre que, 'sous de frivoles et vains prétextes, des navires de commerce soient pris, que des forces appartenant à un pays ami soient détruites, qu'une ville sans défense soit bombardée, et que le sang d'une population innocente et non aguerrie soit versé au mépris de la loi, et sans nulle justification morale. » (1)

l'inspecteur en chef du commerce, pour obtenir réparation d'une prétendue infraction au traité supplémentaire du 8 octobre 1843.

<t 2" Que suivant l'opinion de cette Chambre, les différends survenus à cet égard, rendaient le moment particulièrement inopportun pour imposer aux autorités chinoises une prétention tendant à faire admettre et soutenir par la force des armes , dans la ville de Canton , tous les sujets anglais, prétention qui était restée en suspens depuis 1849.

« 3" Qu'aux yeux de cette même Chambre, des opérations sérieusement hostiles n'auraient pas dû être entreprises sans les instructions expresses préalablement reçus du gouvernement de Sa Majesté, et que les motifs dont il s'agit dans la résolution ci-dessus, ne justifiaient pas suffisamment lesdites opérations. »

(1 ) Discours du comte de Derby.

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