LIVRE I, CHAPITRE II
On le voit, de graves accusations étaient portées contre les actes, qui avaient amené une éclatante rupture des relations avec l'Empire de la Chine.
Le comte de Glarendon lui-même, qui défendait les faits si vivement attaqués, regardait comme une question secondaire, celle du Lorcha; sa pensée se reportait plus haut.
« Les Chinois, disait-il, avaient depuis longtemps cherché à violer les droits acquis en vertu des traités ; depuis longtemps, l'état actuel des choses avait paru intolérable à tous les résidents à Canton, à quelque nation qu'ils appartinssent. Selon lui, prononcer une motion de blâme contre des agents élevés, agissant si loin de leur pays, aurait pour effet de mettre en péril la vie et les biens de tous les sujets britanniques en Chine, discréditerait le nom et le pavillon anglais, et minerait à jamais le commerce de l'Angleterre avec le pays. »
Après de vifs débats, dans lesquels cette question, si importante pour l'avenir, fut diversement appréciée, la motion du comte de Derby fut rejetée par une majorité de trente-six voix.
XLIIL — Mais à la Chambre des Communes, la motion Cobden{l), présentée dans le même sens que celle du
(1) Motion présentée par M, Cohden à la Chambre
des Communes,
« Que la Chambre a appris avec inquiétude la lutte qui avait eu lieu entre les autorités anglaises et chinoise^ sur la rivière de Canton , et sans exprimer une opinion sur la part que peut avoir le gouverne-
54 GAMPAGNE DE CHINE.
comte de Derby, obtenait au contraire contre le gouvernement une majorité de seize voix, et ce fut en vain que lord Palmerslon, dans un de ses plus éloquents discours, fit appel au sentiment d*orgueil national de la vieille Angleterre.
« Nous avons, disait-il, d'immenses intérêts ailleurs qu'à Canton ; Shang-haï fait presque partie de la société européenne. — Qui répondra que nous sommes là en sûreté? Ce serait la ruine de nos résidents anglais; ce serait les abandonner à la merci de ces barbares ; ce serait déclarer hautement au monde entier, que vous n'êtes pas en mesure de défendre ceux que vous avez engagés à s'établir, eux et leurs biens, dans ces contrées lointaines : et alors, les étrangers verront que la nation anglaise est déchue de ce haut rang où elle s'est maintenue pendant des siècles. »
XLIV. — Certes tous ceux qui connaissent quel est souvent, dans les chambres représentatives, le mobile des accusations portées contre les actes du gouvernement, savent qiie la question de renverser un ministère entre pour beaucoup dans la proportion que prennent les débats, et que Topposition, injuste et aveugle en
ment de la Chine dans les motifs de plainte que TAngleterre croit avoir à élever relativement à Texécution du traité de 1842 , cette Chambre considère que les documents qui ont été déposés sur le bureau, ne justifient pas suffisamment les mesures violentes employées à Canton, dans raffaire récemment suivemie, et demande <^ii'uBe commission soit nommée pour faire uaè enquête sérieuse »ur l'état ée n<MS reUti<ms en Chine. »