‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 29 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE UT · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE UT

Cette €ompltcatk>n impréTue venait subitement entraver les opérations projetées en Chine, et les troupes anglaises envoyées dans ce but allaient trouver au détroit de la Soude Tordre de se rendre à Calcutta.

L. — Quelle que fût en effet l'importance sérieuse des faits qui avaient amené en Chine l'ambassade de lord Elgin, les événements qui se passaient dans les provinces du nord-ouest de l'Inde, devaient entièrement absorber l'attention du gouvernement britannique ; car la défection des troupes indigènes, très-probable sur tous les points, pouvait amener les conséquences les plus désastreuses.

Pour ce qui concernait les affaires de la Chine, l'amiral Rigault de Genouilly écrivait au ministre : (1) « J'ai cru voir dans tout ce que m'a fait l'honneur de me dire le plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique la résolution à une solution des difficultés présentes par de simples démonstrations , sans engager une guerre sérieuse dont les conséquences pouvaient être le renversement de la dynastie impériale chinoise, et un étal d'anarchie pour l'Empire qui arrêteraient toute relation commerciale avec les Européens. »

« Lord Elgin, ajoutait l'amiral, a pleine confiance dans la grandeur des démonstrations navales que pourra faire M. l'amiral Seymour.

(1) Dépêche à Son Excellence le ministre de la marine. — Singapour^ 17 JBÎn 1S57.

< Cet officier général va réunir en effet sous son pavillon quarante bâtiments de guerre anglais, dont vingtquatre vaisseaux, frégates, corvettes à vapeur et seize canonnières. »

On ne pouvait compter, le cas échéant, sur la coopération de l'escadre des États-Unis, qui avait annoncé vouloir s'abstenir de toute hostilité contre les Chinois, et se borner au simple rôle d'observateur.

Si cette abstention était regrettable, c'était seulement comme effet moral, car au point de vue militaire, les forces américaines en Chine étaient d'un ordre très-inférieur.

Dans la rivière de Canton, l'amiral Seymour se maintenait en hostilité permanente et capturait ou coulait bas quelques jonques; ses bâtiments sillonnaient la rivière. — De temps à autre, des escarmouches sans grande importance et le bruit de quelque canonnade lointaine montraient que la guerre n'avait pas cessé, sans toutefois causer grande frayeur aux habitants des deux rives qui continuaient fort paisiblement leurs travaux dans les champs environnants.

LI. — Tel était l'état général des choses dans les mers de Chine, au mois de juin 1857.

L'Empereur en faisant tomber son choix sur le contreamiral Rigault de Genouilly, dont l'énergique conduite en Crimée, à la tête des batteries de la marine devant Sébastopol, avait été justement appréciée, savait qu'il remettait le commandement en chef à un homme qui saurait

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