‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 31 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

au noble lord de tenter près de rempire de Chine toulies les voies possibles de conciliation.

Les dépêches de lord Canning devenaient très-inquiétantes, et le plénipotentiaire anglais avant de se rendre àHong-kong, avait assuré la prompte expédition dans rinde des troupes destinées à la Chine. Des navires furent envoyés en éclaireurs jusqu'au détroit de la Soude, afin de faire changer de route aux bâtiments de transport qui amenaient des régiments anglais.

Toutes les combinaisons de l'Angleterre étaient donc renversées. Si la guerre devait s'engager en Chine, ce ne pouvait être, en tous cas, que dans plusieurs mois, lorsque les forces anglaises envoyées d'Europe pour cette destination primitive deviendraient disponibles : car on devait leur adjoindre le triple de leur nombre, en troupes de l'Inde, et, la révolte qui venait d'éclater futelle entièrement comprimée, il n'était pas supposaUe que l'on osât confier l'honneur du drapeau anglais à des soldats d'une fidélité si douteuse.

LIV. — Des bruits favorables, qui malheureusemenf devaient être démentis^ donnaient à lord Elgin l'espérance d'arriver à une solution heureuse dans les négociations dont il était chargé ; on parlait de la destitution de Yeh et de la nomination de Ki-ying comme gouverneur général des provinces de Kouang-toung (Canton) et de Kouang-sL Ce haut fonctionnaire devait, disaitHan, traiter avec les Européens. — Ki-ying, membre de la famille impériale, grand seigneur tartare avait été déjà chargé

de négociations avec les agents des nations européennes; on le regardait comme le chef du parti de la paix et des alliances avec les peuples occidentaux. Ce revirement dans la politique de Pé-king était attribué aux nouveaux progrès des rebelles qui avaient pénétré dans la province de Canton; car les insurrections, un instant endormies, s'étalent réveillées sanglantes et audacieuses au cœur de Tempire. Elles grandissaient s*étendant de province en province; et si ces bandes insurgées, qui ne savaient que se livrer au meurtre et au pillage, avaient eu à leur tète un chef digne de les commander, elles eussent porté un coup mortel à la dynastie des Mantchoux.

LV. — Le 6 juillet, lord Elgin était à Hong-kong, et de son côté, Tamiral Rigault de Genouilly, parti le 28 juin de Singapour, arrivait le 8 juillet sur les côtes du Céleste-Empire. Mais, n'ayant point de données certaines sur le point précis où il trouverait le contre-amiral Guérin, et craignant un typhon (1) que semblaient présager la baisse du baromètre , l'excès de la chaleur et les apparences menaçantes du ciel, il se rendit directement au mouillage de Castle - Pack-Bay, recommandé comme un excellent abri contre les terribles ouragans de ces parages. La canonnière à vapeur la Mitraille^ sous

(1) Un typhon est un ouragan circulaire des mers de Chine qui produit de très-graods ravages, renverse les maisons, arrache les arbres sur son passage , et met les navires qui y sont exposés dans le plus grand danger de perte totale. Sur la rade de Macao, très-mal abritée , les navires qui sont surpris par un semblable coup de vent y sont en perdition.

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