‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 35 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

LX. — L*amiral Rigatilt de GenouîUy ne s'y trompa pas non plus un instant, et profita du temps qui devait encore s'écouler avant l'arrivée du baron Gros, pour compléter l'instruction militaire de ses équipages et exercer ses compagnies de débarquement; qui allaient évidemment devenir, au début des hostilités, le principal moyen d'action. — L'amiral Seymour avait accompli dans la rivière de Canton à peu près ce qu'il était possible de faire avec des forces navales, et il fallait préparer les troupes pour le rôle qu'elles auraient à jouer à terre, dès le commencement des opérations. — L'amiral faisait en même temps savoir au ministre de la marine combien il était désirable que son efifeclif militaire s'augmentât dans la prévision des hostilités à venir, et pour que la France, par le nombre et la composition des forces qui seraient alors mises en ligne, tînt un rang digne d'elle dans la lutte qui se préparait.

<c Cette lutte, écrivait-il, me parait inévitable, quelle que soit l'habileté des diplomates auxquels la France et

décidé qu\in morceau de terre, excessivement restreint d'ailleurs, leur serait cédé à perpétuité. Néanmoins, le négociateur dut s'apercevoir bientôt que ce n'était qu'après avoir réussi à établir le fait de la concession que surgissaient les plus grands obstacles. Ainsi, lorsqu'il s'agit de passer le bail , comme il était nécessaire de se reporter au traité fait entre les deux empereurs de France et de Chine , les mandarins survinrent aussitôt, protestant qu'il leur serait impossible, dans une pièce qui devait être rendue publique, de reconnaître que leur souverain eût jamais consenti à prendre aucun arrangement avec un barbare; en second lieu , c'était le nom des parties devant figurer au traité, qui constituait une autre difficulté de» plus graves. Accorder le même titre aux empereurs de Chine et de France, et admettre leurs noms sur la môme ligne, était une indignité, selon eux, à laquelle ils ne consentiraient jamais , etc. • .

l'Anglelerre onl remis le soin de régler leurs intérêts en ces lointains parages. La cour de Pé-king, d'après ce que je recueille de tous les côtés, restera sourde à toute proposition d'accommodement, jusqu'à ce qu'un coup vigoureux ait été frappé (1). »

LXI. — Il était évident qu'une attaque contre Canton serait le premier acte militaire sérieux proposé et entrepris par les Anglais. — A côté du désir légitime de faire cesser des souffrances commerciales réelles, la question

(1) Dépêche du 22 juillet 1857.

La dépêche du 9 mai de Son Excellence le miDistre de la marine dont il a été fait mention , prévoyait les hostilités et donnait des instructions sommaires à cet égard.

« Les opérations que les gouvernements de France et d'Angleterre pensent pouvoir être effectuées au cas où les mesures de coercition deviendraient indispensables sont :

a 1* Un blocus de l'embouchure du Peï-ho.

« 2" Une occupation de rentrée du grand canal dans le Yang-tse kiang.

y/ a 3* Une occupation de Chusan.

« 4* Un blocus du Chespoo ou de tous les autres points du Céleste- Empire.

a ô» Une interruption du passage du grand canal , au point où il coupe le Houng-ho.

«6** Un débarquement au-dessus de Canton, une occupation des hauteurs qui dominent la ville.

a 7** L'établissement de forces militaires dans la partie supérieure de la ville de Canton.

« Mais cette dernière mesure pouvant amener de graves désordres dans la ville, le gouvernement de l'Empereur pense avec celui de Sa Majesté Britannique , qu'il conviendra de n'y point recourir , autant que faire se pourra. Le désir des deux gouvernements est d'éviter toute effusion de sang ou tout dommage matériel qui seraient inutiles. »

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