‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 37 sur 187 · LIVRE T, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE T, CHAPITRE III

LXIII. — Les embarras de la situation s'aggravaient en effet chaque jour davantage.

La gazette de Pé-king venait de publier les actes officiels par lesquels l'empereur de la Chine acceptait pleinement la solidarité des faits et gestes du vice-roi Yeh et leur donnait la plus complète approbation.— On avait pu supposer jusqu'alors que l'Empereur, n'était qu'imparfaitement instruit des événements qui venaient de se passer, mais la publication de ces actes élevait la question et la faisait remonter du vice-roi à l'Empereur luimême.

En outre, Yeh, qui avait dû, par pénurie de fonds, suspendre la solde des milices chinoises, venait de recevoir du trésor impérial un secours considérable en argent.

Un renfort de troupes chinoises était, en outre, entré dans Canton, arrivant du nord par mer. Ce renfort avait été mis à terre à peu de distance deHong-kong dans l'une des nombreuses baies qui découpent les côtes de la Chine.

Ces nouvelles, puisées à des sources certaines, dénotaient évidemment que la cour de Pé-king préparait de son côté tous ces moyens de résistance. Elle était enhardie par les difficultés que la révolte de l'Inde créait ^u gouvernement anglais.

LXIV. — Différents faits partiels qui se produisirent dans le, même moment, engagèrent l'amiral Seymour à effectuer le blocus de la rivière de Canton : et l'amiral

français recevait, le 8 août, la notification officielle de ce blocus par les forces navales britanniques. Une lettre particulière adressée par Taniiral Seymour à son collègue l'amiral Rigault de Genouilly lui faisait savoir que ce blocus avait été surtout déterminé par les tentatives du gouverneur général Yeh pour rouvrir le commerce avec les autres pavillons, à Fexclusion du pavillon britannique.

Cette mesure, on doit le comprendre, suscita de grandes clameurs à Macao, où le commerce s'était plus particulièrement réfugié; elle eut pour résultat immédiat de faire renchérir dans la colonie anglaise de Hong-Kong, toutes les denrées nécessaires à la vie: — Du reste, l'amiral Seymour n'exerçait pas très-rigoureusement ce blocus.

Ce fut à cette époque que l'amiral Poutiatine, ministre plénipotentiaire de S. M. l'empereur de Russie, arriva à Shang-haï. — Bien qu'il conservât le plus grand silence sur la route qu'il avait suivie, on savait, qu'embarqué sur V America^ l'amiral russe s'était d'abord rendu dans le golfe de Pe-tchi-li, où il avait, assurait-on, remis au Peï-ho un message qui devait être sans délai transmis à Pé-king ; l'amiral était reparti presque aussitôt, annonçant qu'il reviendrait prochainement pour agir de concert avec les ambassadeurs de France et d'Angleterre.

LXV. — Le comte d'Elgin, nous l'avons dit, profitant du temps qui restait à sa disposition, avant l'arrivée de

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