‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 40 sur 187 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — L'arrivée si impatiemment attendue du baron Gros allait faire entrer la question chinoise dans une nouvelle phase.

L'amiral Rigault de Genouilly s'empressa de se rendre à bord de r Audacieuse^ et eut un long entretien avec l'ambassadeur. Dans cet entretien , il lui exposa en détail tout ce qu'il savait sur la situation présente des affaires de la Chine et sur les projets futurs de lord Elgin et de l'amiral Seymour.

Dans la soirée, le baron Gros se rendît à Macao avec l'amiral, pour conférer sans retard avec M. de Bourboulon, ministre de France, et dès le lendemain, il se portait à Hong-kong, où était son collègue, l'ambassadeur d'Angleterre,

A peine rAudacieu^se avait-elle jeté l'ancre dans le port, que le plénipotentiaire de la France était salué de dixneuf coups de canon par l'amiral Seymour, par une frégate anglaise, une corvette américaine et une corvette

hollandaise. — Toutes les nationalités, représentées par des bâtiments de guerre dans le port de Hong-kong, s'empressaient à l'envi de rendre hommage à l'envoyé de l'Empereur. « V Audacieust^ écrit l'amiral dans une de ses dépêches, a tiré en échange de saluts, plus de deux cent cinquante coups de canon. »

IL — Le baron Gros se rendit aussitôt à bord de VAva, où était kfri £|gxft et jresta jplosieurs heures avec lui.

Il était important de prendre sans retard une résolution décisive. — Le baroa Gros jéjouraa cinq jour* en rade de Hong-Loog^ et retourna easuile i Gastle-Peak, mouillage de la division navale française.

Les eofiféneoees en baron Gros et in comte â'£lgin euneait pour premier rémttat de faire reoûncer ies hauts couamifisaires de France et d'Asgleterre, noiiHSC8l»nent à l'idée de se rendre eux-mèines dans le goliè de Pétebi-lL, mais même à cdîe d'y envoyer un de leurs représentants chargé de notifier au goufwoeoient cliinois leur arrivée et l'objet de teur oMfisîon.

Le résultat iofnieiueux des démordies £ûtes ^t TamiraJ Pouliatise^iai n'avait pu obleoir d'être adjBois dans la capitale de l'Empire avait amené eette déteraimatioii des deux plénipotentiaires. Des considérations trts-impodanles devaient en effet engager la cour de Pé-king à se fl^inieiur en boone iatelligeiice avee la cour de Russie, et eepeiidaiat les termes de la réponse transmise à l'amiral russe avai^it été , assurait-on , très-secs et

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très-catéigoriqiies. Ce ocm^ môdeni prouvait jusqu'à Yéwiàeoce qu'il (aliak reoooeer à re^Mûr de riesa obtaur du ^ouvarnemeot diinofê par U coaciliaftiofi. — Les négodations & eotanier avfee Ip Yiee-roi, conaoïifisaire du gouverneoi^it impérial «devateul être prèseiiiéee à la pointe des épées de la Fraoee et de l'Augleierre, toutes dais prèles à frapper.

m. — Du reste les bruits les plus contradictoires se succédaient et il était bien difficile d'asseoir sur aucun d'eux une opinion certaine. — Ainsi le Vice-roi, malgré l'approbation officielle donnée à ses actes , avait vu tout récemment son pouvoir, unique jusqu'à ce jour, partagé entre lui et un autre mandarin, nommé gouverneur de la ville. Ce nouveau fonctionnaire s'appelait Pib-kwei. — Cette nomination imprévue présageait-elle la disgrâce prochaine de Yeh?

« lia politique chinoise (écrivait-on à cette époque) a des obscurités profondes pour les Européens ;» les succès ou les revers delà rébellion qui agitait l'empire devaient en effet avoir une grande part dans les résolutions impériales et pouvaient amener des revirements inattendus.

JLes progrès des révoUës daus la province de Canton prenaient chaque jour un caractère plus inquiétant : maîtres de la ville de Cfaaou-tchou, qui domine le cours supérieur du fleuve, ils descendaient sur ia ville de Tacbang-siug*

lY* -^ Pendant ee temps, ramiral Seymdur préparait

les voies à une action militaire et resserrait le blocus de Canton, en plaçant dans le haut de la rivière les nouveaux bâtiments de flotille récemment arrivés d'Angleterre. — Le Commodore EUiot aVait balayé les eaux intérieures du fleuve et détruit un nombre considérable de jonques : cet officier supérieur avait rejoint Macao par le Broadway, branche de la rivière dans laquelle, jusqu'alors, les Chinois seuls avaient pénétré. — 500 hommes de troupes de marine étaient arrivées, le 27 octobre, de Plymouth à Hong-kong. Les autres troupes du même corps, annoncées à l'amiral Seymour, ne pouvaient tarder à paraître.

La diplomatie était bien près d'avoir fini sa lâche, et le baron Gros traçait dans un mémorandum la marche qui lui semblait devoir être suivie dans les circonstances actuelles. Cette note explicative établissait très-nettement l'attitude des deux gouvernements dans une lutte devenue imminente ; approuvée sans réserve par lord Elgin, elle était envoyée en communication aux deux amiraux (1).

(1) Mémorandum du baron Gros.

Le voyage dans le Pé-tchi-li , prescrit aux deux plénipotentiaires de France et d'Angleterre par les instructions qui , en premier lieu, leur avaient été données par leurs gouvernements respectifs , étant abandonné cette année, pour des motifs qu'il serait inutile de rappeler ici , et la situation actuelle des affaires en Chine exigeant impérieusement qu'une action directe et décisive soit, avant toutes choses , entreprise sur Canton, mesure que les instructions nouvellement reçues d'Europe autorisent les plénipotentiaires à faire exécuter, s'ils le jugent nécessaire, il est indispensable de bien préciser d'avance la marche à suivre, d'un commun accord, par les deux plénipotentiaires, et de convenir, dès à présent, des démarches à faire et des dispositions à prendre

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