‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 41 sur 187 · LIVRE II, €HAP1TRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, €HAP1TRE I

V. — A la suite de cette commanication, le commandant en chef français eut une première conférence avec

pour arriver, le plus sûrement possible, au but que se proposent d'atteindre les deux gouvernements qu'ils représentent.

Du moment où l'emploi des mesures coercitives contre Canton a été résolu, le devoir des deux plénipotentiaires est de faire connaître officiellement la décision qu'ils ont prise à ce sujet aux commandants militaires et maritimes des deux nations dans les mers de Chine , et de les prier de vouloir bien examiner de concert les moyens dont ils peuvent disposer pour attaquer la ville, et, en les comparant à ceux que les autorités de Canton ont à leur opposer, de déclarer si, après avoir sommé la ville de se rendre , ils croient, en cas de refus, pouvoir la prendre , y maintenir Tordre , et la garder jusqu'au moment où le gouvernement chinois accéderait aux demandes que les deux plénipotentiaires auraient à lui présenter plus tard.

Détruire Canton ou le réduire en cendres serait assurément une lâche bien facile à accomplir; mais un fait de cette nature, dont auraient à souffrir un si grand nombre de personnes inoffensives , ne pourrait amener aucun résultat, et ne serait, en définitive, qu'un acte de barbarie qui imprimerait aux deux pavillons de France et d'Angleterce une tache ineffaçable. Une éventualité aussi fâcheuse ne peut donc être ni prévue ni discutée.

Si les chefs militaires et maritimes des deux nations dans ces parages répondaient affirmativement à la question qui leur aurait été ainsi posée , question que seuls ils sont compétents à résoudre , ils auraient à s'entendre pour agir de concert en se plaçant dans les meilleures conditions possibles, et leurs opérations devraient être poussées avec vigueur jusqu'au moment où les propositions sérieuses, faites par les mandarins, pourraient être acceptées par les plénipotentiaires, si des garanties matérielles leur étaient loyalement données.

Si , au contraire , les moyens dont les amiraux et les généraux peuvent disposer dans ces parages ne leur paraissent pas suffire , en ce moment, pour enlever la ville, y conserver l'ordre et la garder comme un gage à ne rendre que plus tard , ce serait à eux à proposer l'adoption de mesures efficaces pour maintenir le statu quo , c'est-àdire le blocus de Canton par les forces combinées des deux nations , jusqu'au moment où les deux gouvernements, prévenus de cet état de choses par les plénipotentiaires respectifs et par les amiraux, enverraient en Chine des renforts suffisants pour dominer la situation, ou donneraient de nouveaux ordres à leurs représentants.

L'action militaire, ayant été déclarée par les amiraux des deux

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rarmiral âeymoor, cpii hiî exposa un projet d*attaque

snr te fille de Gimfon. Cette attaque deraî! être précédée

natiOTï« eùmme poatjmt Gfffrir rfw chancear réelles de succès , l'escadf e française remonterait munédiatement la rivicre pour bloqner Canton , de cûncen arBC le* forces de Sa ISfajesté Britannique qui se trofuvent déjà devant îa ville.

Les «leux plénipotentîafres pourraient eiï même temps se rapprocher de CantOBf, potrr y être à mime de négocier, slï y avait lîeii, avec les autorrtés chdnoises compétentes, et les note» qu'ils doivent adressera Fautorité sopérfenre de Canton seraient envoyées en même temps, par deiTX parïetnentaires , au- gouverneur de la province chargé des relations eïférieares de l'empire.

Ces notes ,. dans lesquelles la solidarité des causes , anglaise et française, serait éta-Mie nettement , devraient être envoyées au rice-roi, et, en son absence , à- TautorHé supérieure qui serait chargée de le remrpîacer datisf ses fonctions ; car, il est facile de prévoir que Yeh, comme Fa fait aratrefois le vice-roi Siou , abandonnera la ville pour aller soidisant combattre les rebelles , au moment où il recevra les communï- ■cations des deux nouveaux plénipotentiaires.

Une copie de la note' française adressée an vice-roi est jointe à ce memwrandum ; mais cette note n'est encore qu'un simple projet , dont la rédaction est portée à la connaissance du haut commissaire de 9s Majesté Ç'ritanniqne , afin que Son Excellence veuille bien Texamincr, et puisse faire sur son contenu toutes les observations qu'elle jugerai t. opjwrtunes.

Le temps acconlé- anx autorités de Canton pour répondre â cette BWfe devrait être calculé de manière à faire coïncider le délai fatal avec le moment, on toutes fes forces des" denx escadres pourraient être rétfBles et seraient à même d'agir avec tous les moyens d'action , dont elles peuvent disposer.

L'envoi préalable de la note dont il s'agit serait, aux yeux de FËarope, une dernière tentative faite auprès du vice -roi de Canton, et cette démarche , conforme en t&ut au droit des gens , aurait encore lien avant Remploi de mesures coercitives , toujours à regretter, même lorsïque la aécessité la plus absolue est venue les imposer.

Les deu;x légations de F'rance et d'Angleterre continuant à être accréditées en Chine pendant la présence des nouveaux plénipotenttaires dans le- pays, ne serait- il pas- régulier que MST. Bourboulon et sir John Bovrrrng' annonçassent, par une note officielle , au "Vice- roi chargé des affaires extérietrres- du Céleste-Empire et, en son absence , an fonclit)nnaïre qm Te remplacerait, qxre les deux gouvernements , justement

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par Foeeupalîof» de l'an^ie &&rd-ouest de Tlle d'Ho-nan. L'amûrat aoglak se préânit par e&Ue oceupaitoii i^ie place

offensés du refus de réparation que, sous une forme ou sous Tautre, les autorités de Canton opposent sans cesse à leurs demandes , ont tmojé des p^énipoteAtiadres extraortiimaiires chargés ée meCCre un terme à un état de choses blessant pour leur honneur. Les notes des deux ministres accrédités ^n Chine pourraient avoir la même date que celles des nouteaux ageats, et seraient remise» en mène temps que les derrières et par les mêmes parlementaires.

Le blocus de Canton n'en serait pas moins continué sans interruption par Fèseadre anglséfle , et renforcé immédiatement par Feseadre française. Mais aucune * attaque contre la ville ne devrait être tentée avant le terme fatal fixé par les deux notes.

A TexpiratiiOa du d^ai dooA il est qocstioa, soit qu'île n'ait été fiait socMie réponse aux notes ùe% plénipotemiaiares , soit que y dans k* caes contraire, une réponse ne contienae qu*un refus ou que 4es par^l^es évasife», il serait enjoint axe Vice-Psi d'éloigner de Can1»fi les tvou^ qui roiecupent, et de I^isâerks fovces alliées prendre poisat ssioa de !« Trie. Les: commandants d« ci8s forées; s'e&gagef aient à maintenjîr Tordre dans Canton , à y respecte» la vie et les propriétés dies habitsnts , et à révacuer dès qufe le gouvernement chinois aurait accédé a?trt demandes dtes- plénipoten^aires de France et d^AngleterrBr lï ra satos dire que des mafgistrats- chinois seraient chaf gés , sou» leur responsabilité, d*ase«Frer la tranqu^tîté' d^uns l'intèriewr de CantML- el disas la banlieue, et d'y reiller à îa siïreÉé dies Européens.

Si xm refus arrivait, o«r Sf une réponse dilatoire était faite à k' dernière sommation dont on vient de parier, ta force serait esiployée pourolnenïrjnstice, 6ù, quandîetcaHnneHt, les oommandants nailifôiresle jugeraient âpropes; mais, dan» ce dernier ea», eomn»e dans le premier, la maigistratiire numeipale dont on vient de pftvter <ïevrait être établie, et rorganibstioa dé cette utile instHulioB semble exiger que Fchi s'occupe d'avance é& la crèaitiofl d'«n corps d'isiterprétes hoimêtes, défoués< et eon^nsabèeniegt rétribués.

Soit que la ville se rende , soit (ce ^ est Ibeaiac^ap phis pirobsUe) qu'il faille' !a. prendre de wc força, il serait; bott que de Bombreuses preclaŒdftkms , rédigées en peo ée mol», poar lasBurev les<È«bita&ls ée Canton et sartout ceux dM» qwAr^ynn^am^st^ villa^^^ et psar leur promettre une prvtactitti^ efficateet,. s^ilsne fouaient <fcie sf§ee«ç«r tranqmHemeM de lewrs affiure», fusseitt répsndnes dan» lai ?ille et clans ta campagne. Elles de^rrafent \asat ikire eormpreodft aust pc^nlatiene anxqœlles elles s'adresserafieat,. qae k» allié» ne fosail pas» la

d'armes et un lieu de dépôt pour les yivres, les munitions de guerre et les ambulances;. il s'emparait ensuite de la Folie française et de la Folie hollandaisej afin d'y établir des batteries.

Ces opérations préliminaires une fois accomplies, les deux escadres combinées devaient s'embosser aux deux extrémités de la muraille sud de Canton et détruire au préalable les maisons qui masquaient les murailles. Pendant que les deux attaques principales feraient brèche

gaerre aux gens paisibles , mais seulement aux mandarins et à leurs soldats. Ces proclamations seraient, autant que possible, placardées dans la ville et dans les villages , et , ce qui vaudrait mieux encore , il en serait remis aux officiers du corps expéditionnaire, qui les. répandraient partout avec profusion. Les missionnaires pourraient aussi en faire distribuer d'avance un assez grand nombre par leurs coreligionnaires dans Canton et dans les villages.

Il va sans dire qu'aucun acte de violence , qu'aucun pillage ne devraient ni ne pourraient être tolérés, et que Tordre le plus sévère serait maintenu parmi les«soldats et les marins des deux escadres qui occuperaient la ville soit par la force des armes , soit en vertu d'une capitulation. Ce point est d'une bien grande importance ; le succès de l'entreprise , la sûreté de nos forces et par-dessus tout l'honneur des troupes engagées en dépendent.

Or l'un des meilleurs moyens employés pour maintenir cette discipline indispensable serait de pourvoir largement à terre à tous les besoins des soldats et des marins , en établissant des lignes de communication sûres et faciles à garder entre le corps expéditionnaire et les escadres combinées, mesure que, dans leur prévoyante expérience , les chefs allié» ne pourront pas manquer de prendre comme base essentielle de leurs opérations^

Telles sont les idées que suggère au commissaire extraordinaire de France la situation actuelle des affaires en Chine. Il les soumet confidentiellement à son honorable collègue d'Angleterre, et ne les lui présente, cela va sans dire, que comme un résumé des conversations quMl a déjà eu l'honneur d'avoir avec lui. Il n'y a , dans les aperçus consignés ci-flessus, rien d'arrêté d'avance, et toutes ces idées, rendues plus faciles à saisir en les fixant sur le papier, il les rappelle à

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