‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 43 sur 187 · LIVRE II, CHAPITRE I. n · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I. n

terre, étaient dans ce projet imparfhitement gardées et pouvaient être compromises par un retour offensif de Fennemi. — En cas de revers, improbable sans doute, mais auquel il fallait pourtant songer, la ligne de retraite était difficile et mal assurée» malgré l'occupation projetée de Tune des murailles. Les Chinois pouvaient faire sauter l'un des pans de cette muraille, et y pratiquer ainsi une brèche qui interrompit la circulation par le parapet supérieur. — La retraite pour tout soldat qui combat doit être à ses yeux certaine et indiscutable, surtout lorsqu'il sait, que s'il tombe aux mains de l'ennemi, il sera impitoyablement massacré.

Une troisième question méritait aussi d'être sérieusement pesée ; — le point de convergence des colonnes était battu par les feux des forts extérieurs, et l'on ignorait si les dispositions du terrain permettraient de s'abriter.

Vn. — Telles étaient les principales objections que soulevait le projet d'attaque de l'amiral Seymour dans l'esprit de son collègue; celui-ci crut devoir les exposer loyalement dans une note qui contenait ces observations réunies à un contre projet.

c Ëst-il démontré que même avec des Chinois pour ad* versaires, écrivait l'amiral Rigault de Genouilly, ce plan d'attaque puisse réussir? J'éprouve à cet égard beaucoup de doutes. Deux mille hommes de plus changeraient la face de la question.

c En effet un millier d'hommes kdssé sur chaque mu**

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raille Foccuperait fortement; mais ces hommes on ne les aura pas à sa disposition, et une trop forte part serait laissée au hasard. — Or le succès est impérieusement commandé; l'insuccès aurait des conséquences incalculables et éterniserait la guerre, il compromettrait la sûreté, peut-être même la vie des Européens habitant les quatre ports qui leur sont ouverts dans le Céleste- Empire. »

Certes, sans accorder de valeur militaire aux troupes que l'on allait combattre et qui avaient prouvé leur manque de solidité en abandonnant si facilement aux Anglais des positions défensives importantes, on ne pouvait cependant méconnaître qu'ils avaient eu une année entière pour préparer les moyens d'une résistance sérieuse-

A'III. — Les renseignements les plus récents portaient la garnison de Canton à deux mille hommes des bannières tartares affectés spécialement au service de la place, plus six mille hommes de troupes régulières chinoises. — A ces forces, il faut ajouter une levée de milices, dont le chiffre était, dit-on, de trente mille hommes, milices connues sous le nom de braves de la campagne, qui devaient, d'après leur réputation de bravoure répandue dans la province, se défendre avec ténacité. •— En outre, le vice-roi de Canton, instruit sans nul doute par des espions du petit nombre des troupes assaillantes, ne pouvait pas, non plus, ignorer que la révolte des Indes empêchait les Anglais de recevoir aucun

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