‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 44 sur 187 · LIVRE iv, CÎTAVfTRE l · texte numérisé non relu

LIVRE iv, CÎTAVfTRE l

renfort de Calcutta ; cet événement, très-favorable à la cause des Chinois, avait dû doubler leur confiance en eux-mêmes.

Si l'année précédente, l'amiral Seymour s'était facilement emparé des forls qui bordent la rivière, s'il avait frappé victorieusement aux portes de Canton et pénétré dans la ville, il ne fallait pas oublier que ces mêmes Chinois avaient, de leur côlé, incendié, sous les yeux de leurs ennemis, les immenses établissements des factoreries et contraint peu à peu l'amiral anglais à abandonner successivement les différentes positions qu'il occupait, pour se retrancher dans le fort de Macâo (1).

Toutes ces considérations avaient une valeur que doublait Texiguilé des ressources dont on pouvait disposer, et fesaient peser sur les chefs de l'entreprise, une lourde responsabilité.

IX. — L'amiral français se demanda tout d'abord s'il n'était pas plus opportun de renouveler l'attaque si heureuse et si habile du général Gough en 1840. — Ce général, en suivant le canal qui remonte au nord de Canton, avait débarqué le matin ses troupes à Tsing-poo et s'était porté sur les hauteurs du nord de Canton. Dans la soirée, quoique pourvu d'une faible artillerie , il était maître des forts. Mais, disait-on, le canal était obstrué par des jonques coulées et chargées de pierres , et les Chinois avaient accumulé, du côté ouest de Canton,

(1) Voir la page 51 de ce volume.

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défenses sur défenses, dans la crainte d'un retour de la même opération.

Par suite de ces objections, l'amiral RigauU de Genouilly proposa de répéter l'opération du général Gough par la campagne à l'est de la ville, ^ le c6té ouest étant devenu inaccessible.

Il traçait ainsi ce plan d'attaque :

« On sait positivement que les terrains à l'est de la ville sont d'une nature favorable à la marche des troupes et de l'artillerie. L'objectif de l'attaque, dans ce cas, serait les hauteurs du nord et les forts qui les occupent, formant, à vrai dire, la clef de la ville. Le débarquement du corps expéditionnaire dans l'est de Canton peut offrir quelques difficultés ; mais ces difficultés sont d'un ordre secondaire. La marche sera plus longue. Ce genre d'attaque sera moins brillant que l'attaque par les murailles; mais si la voie qui conduit au succès est plus lente, elle est aussi beaucoup plus sûre. La ligne de retraite par la campagne se trouve assurée d'une manière indubitable.

« On sait en effet que les troupes chinoises n'ont jamais tenu à découvert devant des troupes européennes ; celte certitude, pour la marche en arrière, donne aussi l'assurance que l'on renversera facilement tout ce qui voudrait faire obstacle à la marche en avant. Les communications du corps expéditionnaire avec le fleuve et l'escadre seront toujours faciles ; des charrois , des coolies engagés, des bêtes de somme pourront suivre

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