‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 47 sur 187 · LIVRE II, CHAPJTilE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPJTilE I

XIV. — L'entrevue, prolongée à dessein pendant près de vingt minutes, permit de se renseigner par un examen sérieux sur les défenses apparentes de ce côté du canal. — Un grand mouvement de jonques se faisait autour des yoles parlementaires ; toutes cependant se tenaient à une certaine distance.

Il était une heure, lorsque les envoyés rejoignirent les canonnières qui appareillèrent ensemble, et s'éloignèrent à petite vitesse.

M. Ploix avait fait des sondes jusqu'à la pointe de nie d'Honan et avait pu contrôler les renseignements fournis par les cartes.

De son côté, le lieutenant Ribourt apportait, sur les défenses extérieures de la ville et sur celles de l'île d'Honan, des renseignements très-utiles (1).

Le 12, au soir, la Dragonne avait rallié le pavillon de l'amiral Rigault de Genouilly qui, lui-même, était parti le 11, dès la pointe du jour de Macao et était venu mouiller, dans l'après-midi, à Bocca-tîgris avec toute sa division.

C'est à partir de ce point que la rivière se resserre, sé-

(I) Rapport du lieutenant Ribourt, aide-de-camp

de Vamiral Rigault de Genouilly.

a Le fort faisant face à l'entrée du bras principal est complètement démantelé ; un deuxième fort situé sur l'île d'Honan paraît en trèsmauvais état; ses embrasures sont bouchées ou masquées, — la batterie à deux étages du Bird's-nest est bien réellement abandonnée. Sur cette partie de Tile on ne voit aucun préparatif de défense; il existe, au nord de la batterie , des quais en pierres sèches pour l'accostage de nombreuses embarcations , des magasins immenses bien construits et bien couverts ferment le village de Nanaï. »

parée en deux passes par les petites îles de Wang-tong. Plusieurs forts, élevés par les Chinois sur les deux rives et sur rtle Wang-long- du nord, croisaient leurs feux contre les bâtiments qui eussent voulu forcer l'entrée de la rivière ; mais ces différentes défenses avaient été enlevées et démantelées l'année précédente par les Anglais,

Des deux côtés les terrains sont à pic, puis s'abaissent en pente douce vers l'ouest, où s'étendent alors des rizières cultivées qui bordent la rivière. — Tout le long des côtes , au milieu de plantations de bambous «t de groupes d'arbres, sont répandus des villages et quelques habitations isolées. De loin en loin, au milieu de ces maisons basses et de forme à peu près semblable, s'élève une pagode; partout le sol respire la fertilité et l'abondance.

En continuant de remonter sur Canton, on rencontre bientôt des bancs nombreux et une quantité de petits îlots qui rendent parfois très-difBcile la manœuvre des grands bâtiments. Cette rivière olBFre, en outre, deux barrages naturels appelés : barres^ qui ne peuvent être franchis qu'à l'heure de la haute mer.

XV. — Le 14, cette division au complet quittait Boccatigris et après avoir franchi successivement les deux barres de la rivière, se réunissait au mouillage de Wampoa, —Ce village, par sa position rapprochée et airainfâigeuse, était la station des bâtiments européens en com^tnerce avec Canton. Des bassins de radoub et de vastes

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