‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 49 sur 187 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

dirigeait en toute hâte vers V Avalanche, où flottait le pavillon amiral français. Ce personnage, employé infime de la douane, ainsi qu'on le sut depuis, était porteur de la réponse du commissaire-impérial, vice-roi Yeh, à la dépêche des ambassadeurs.

XVII. — L'embarcation chinoise accosta F Avalanche, le messager monta à bord, et après un grand nombre de salutations, remit à l'officier de quart le pli dont il était porteur.

Il se retira aussitôt après avec un empressement, qui montrait combien il s'estinmit heureux d'être sorti sain et sauf d'une mission aussi périlleuse. Comme il avait à remettre une lettre de même naturç au plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique, il se dirigea, en quittant r Avalanche^ vers le bâtiment amiral anglais.

Il n'était point nécessaire de connaître la teneur de ce double message, pour être certain d'avance que le Viceroi suivait toujours la même ligne de conduite hautaine et arrogante. Le choix seul du messager montrait clairement le profond dédain que Yeh affectait envers les hauts plénipotentiaires, dont il avait reçu les communications officielles diplomatiques ; ce choix disait aussi le peu de cas Ijue le gouvernement de la Chine faisait des négociations conciliatrices tentées auprès de lui.

L'amiral Rigault de Genouilly envoya un de ses officiers remettre au baron Gros la réponse du Vice-roi et se mit en marche aussitôt après pour l'île d'Honan avec son collègue l'amiral Seymour.

114 CAmAGNE DE CflfINE.

La flottille franco-anglaise tratnait à la remorqae les embarcations chargées des troupes de débarquement.

XVin. — Aussitôt que les habitants de Canton Taperçurent, la plus grande partie des innombrables bateaux qui composent la ville flottante remonta précipitamment le bras de rivière sur le côté nord-ouest de la ville, pour aller chercher un refuge dans les nombreuses criques qui en découpent les rives.

Vers midi, les canonnières, arrivées au point désigné, jetaient à terre les troupes qu'elles avaient à leur bord, se tenant prêtes à mitrailleri'ennemi, si celui-ci tentait de s'opposer à l'opération projetée , précaution du reste fort inutile, car aucune troupe chinoise ne parut, et la population eOrayée fuyait à notre approche dans toutes les directions.

Les amiraux et le général VanStraubenzee descendirent à terre, et installèrent leurs hommes dans les grands magasins, dont l'occupation était le but principal de cette expédition. Ces vastes magasins, véritables forteresses que protégeaient sur le front de mer les canonnières mouillées devant la ville, présentaient du côté de l'île '^'Honan, des nturailles attaquables seulement par de l'artillerie. Une descente des Chinois sur ce point était du reste peu probable, car on savait de source certaine, que le grand commissaire Yeh, confiant dans le succès de ses armes, attendait à Canton même les folles tentatives des alliés.

Les canonnières explorèrent alors le front sud de lâ

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▼ille, pour s'assurer que rennemi n'avait pas élevé de nouYelles défenses, ou coulé dans la rivière des bateaux qui eussmt entièrement barré le passage aux bfttiments chaînés de venir s*y embosser le jour de l'attaque.

Après avoir pris toutes les mesures de défense néces-maires, et assuré le commandement et le ravitaillement des troupes casernées à Honan, les amiraux rallièrent chacun son bâtiment.

XIX. — Les deux jours suivants furent employés à effectuer différentes reconnaissances devant Canton. L'une d'elles, la plus importante, fut poussée jusqu'au point même où le général Gough, en 1840, avait opéré son débarquement. Les commandants en chef montèrent sur un plateau dans le voisinage du village de Tsingpoo, d'où l'on découvre parfaitement tous les forts, ainsi que l'enceinte septentrionale de la ville.

Les abords de ces défenses sont entourés de batteries enterre, et un large fossé a été creusé autour du fort Gough; mais il existe en arrière et à petite distance de ces ouvrages une position qui les commande.

Les événements marchaient vers une solution prochaine; la réponse du gouverneur général de Canton était bien en rapport dans sa teneur avec le choix de son messager, choix injurieux dans la pensée des Chinois si absolus et si exigeants sur tout ce qui regarde Tétlquetle et les preuves extérieures de déférence. — Cette réponse était à chaque mot empreinte de la hauteur arrogante, dont ne s'était pas un seul instant départi le

gouverneur général Yeh, depuis le commencement des nouveaux différends survenus entre le Céleste-Empire et les nations européennes. Pour le fonds, c*étaient toujours les mêmes phrases ambiguës, évasives et remplies d'assertions aussi fausses que puériles.

La note adressée à lord Elgin avait un caractère pareil, plus accentué peut-être encore. — Des deux côtés, c'était également un refus formel d'obtempérer aux demandes adressées au gouvernement de la Chine par les représentants de la France et de l'Angleterre.

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