LIVRE II, CHAPITRE II
lence proposait de se réunir en conseil, à bord de la frégate française V Audacieuse^ le lundi 21 décembre, afin de s'entendre définitivement sur les moyens d'action à employer, en face deTinefficacilé reconnue des tentatives conciliatrices. — Ce mémorandum indiquait les prin-
norable collègue les Femarques suivantes à Tégard des mesures à prendre par les plénipotentiaires de France et d'Angleterre dans les présentes circonstances.
Comme les réponses du commissaire impérial Yeh aux notes qui lui ont été adressées respectivement par les plénipotentiaires ne sont en aucune façon satisfaisantes, le soussigné a Thonneur de suggérer qu'une circulaire confidentielle soit préparée et envoyée , sans délai , aux deux amiraux et au général, aux noms des deux plénipotentiaires, en leur donnant connaissance des circonstances, et en les invitant à se rencontrer avec les plénipotentiaires dans une conférence , qui sera tenue à bord de la frégate de Sa Majesté impériale VÀudacieuse , lundi , 21 courant, à midi, afin de s'entendre sur les moyens d'action qui sont à intervenir prochainement.
Lorsque les plénipotentiaires et les personnages susnommés se seront rencontrés dans la conférence proposée, les plénipotentiaires donneront aux membres assemblés lecture, bien entendu, non pas en vue de discussion, mais seulement entant qu'information, de leurs correspondances avec Yeh , renfermant l'ensemble de leurs réponses à ses notes qu'ils viennent de recevoir , et dont il sera parlé plus en détail dans ce mémorandum.
Ces préliminaires étant posés , le soussigné soumettra à l'assemblée copie des documents suivants, sur le compte desquels il espère obtenir l'avis et le concours de ses honorables collègues :
1*> Sommation aux noms des amiraux et du général aux autorités de Canton, leur enjoignant d'éloigner les troupes chinoises ettarlares, et de livrer la ville aux commandants des forces alliées, en leur promettant que , dans ce cas , la vie et les biens des habitants seront saufs; •
2** Proclamation à la noblesse et au peuple établissant que l'obstination de Yeh a rendu indispensable l'occupation militaire de la ville , mais que s'il n'y a pas résistance aucun mal ne sera fait aux personnes et aux propriétés.
Lorsque la teneur de ces documents aura été arrêtée , on appellera l'attention de la Conférence sur le plan des opérations, à adopter
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cipaux points sur lesqads devait porter la conférence. Comme la marche proposée par lord Elgin était eniifyr^ ment conforme à celle que le baron Gros eût conseillée lui-même, celui-ci s'empressa de répondre & son col* lègue qu'il approuvait, en tout point, le projet qu'il tou* lait bien soumettre à son approbation.
XXI. — Le 21, & midi, le conseil était assemblé à bord de la frégate française, dans la grande chambre du commandant ; le général Van Straubenzee était présent.
On décida d'abord, que tous les moyens de condHation étant épuisés, il ne restait plus aux plénipoten* tiaires qu^à remettre la solution de la question entre le$ mains des amiraux et du général Van Straubenzee.
Le conseil arrêta aussi le texte de la sommation à
dans l'alterDative d'une occupation , soH pacifique soit par les armes , de la ville.
Ces questions étant purement militaires , la responsabilité des plans ultérieurement adoptés incombera, comme de raison, aux commandants des forces alliées, mais les plus grandes , comme les plus importantes questions d'humanité et de politique s'y trouvant impliquées, il est juste que les plénipotentiaires puissent émettre leurs opinions à cet égard.
Le mercredi 23 courant , jour où expire le dernier délai accordé par les premières notes des plénipotentiaires au commissaire impérial , ces mêmes plénipotentiaires s'adresseront de nouveau à lui , se référant à l'intimation qui lui a été faite dans les notes antérieures du cours que prendront les choses au cas où les demandes pleines de modération qui lui ont été adressées rencontreraient, soit un refus, soit le silence, soit des raisons évasives et dérisoires, et hii apprenant de plus que comme les réponses sont éminemment empreintes de ce caractère , la question est remise aux mains des commandants en chef des forces alliées.
Lord Elgin.
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adresser à ce sujet au Vice-roî et aux aulorilés supérieures de la ville. — Dans un délai de 48 heures, la ville devra être évacuée par les chefis militaires et par les troupes qui se porteront à une distance de trente milles chinois» sinon la ville sera attaquée et prise d'assaut (1).
Cette sommation doit être remise le 24, à midi, — Le même messager parlementaire portera la réponse
(1) Les commandants en chef des forces alliées de terre et de mer au vice-roi Tek et aux autorités supérieures de CanUm.
Les soussignés ont l'honneur d'informer LL. £E. Yeh , gouverneur général des deux Kwangs , etc. , Piîi-kwci , gouyemeur de Kwang-tung, Shang-haiy général de Ifancfauset Schwang-liog, général de Haokian, que Leurs Excellences les ministres plénipotentiaires de France et d'Angleterre leur ont fait part da résultat peu satisfaisant de leurs comaspondaBces avec le oommissaire impérial ïeh, et leur ont enjoint d'avoir à commencer les opérations , qui doivent avoir lieu pour l'occupation de la viUe par les troupes , que ces mêmes commandants ei^ chef ont sous leurs ordres.
Les soussignés répugnant à mettre en péril la vie des personnes alors qu'elle pourrait encore être épargnée , ont l'intention de retarder l'attaque de quaraute^uit heures, pour mettre à même les autorités militaires et les différentes troupes de la garnison , chinoises et tartares , d'évacuer la ville. 11 en sera pris alors possession sans effusion de sang, la vie des habitants sera sauve, et leurs propriétés respectées.
Si lesdites autorités trouvent bon de profiter de ces conditions, elles devront en signifier leur acceptation, par lettre, dans le délai de quarante-huit heures à partir du matin de ce jour , et déclarer , en même temps , en quel lieu , à une distance au moins de trente milles de la ville elles entendent se retirer. L'officier, chargé par Leurs Excellences de prendre la réponse de cette proposition, devra être , de même , instruit de l'endroit et de fheure où il sera fait remise des clés de la ville ; de plus il devra être informé de toutes les autres dispositions à prendre pour la tranquillité et la sécurité de la ville.
Au cas où ces cooditioiis neseraieut point acceptées et loyalement remplies, la Tille sera attaquée.
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du baron Gros au Vice;roi, commissaire impérial et gouyemeur-général de la province de Canton. Cette réponse est ainsi conçue :
« La réponse du gouverneur-général n'étant pas sérieuse et ne contenant que des paroles évasives sans qu'il soit fait droit aux demandes de la France, équivaut à un refus formel, et dès lors le devoir du soussigné est d'informer le gouverneur-général des deux Kv^rangs, que désormais la solution de la question actuelle est remise entre les mains des commandants en chef des forces alliées de la France et de l'Angleterre, qui pourront, dès qu'ils le jugeront convenable, employer des mesures de rigueur, pour obtenir enfin les justes réparations que, dans son aveuglement, le noble gouverneur-général n'a pas voulu donner aux deux puissances, tant qu'elles lui ont fait entendre un langage conciliant et amical. »
XXII. — II est en outre décidé qu'une proclamation des chefs militaires aux autorités municipales et aux habitants de Canton sera répandue à profusion dans la ville et dans les faubourgs, pour rassurer la population; la vie des citoyens paisibles ne courra aucun danger, et leurs propriétés seront scrupuleusement respectées (1).
(1) Proclamation adressée par les amiraux ILigauU de Genouilly et Seymour et le général Yan Straubenzee aux autorités supérieures et aux habitants de Canton.
Attendu que, à la date du 10 courant, notification a été faite, aux noms de Leurs Excellences les plénipotentiaires de France et d'Angle-