LIVRE II, GHAPITRfi IH
XXXIX. — Déjà, sor plusieurs points, oa avait signalé renierai qui s'abritait dans les halliers et derrière les plis ée terrain.
Les Braves (1), dispersés en tiraflleurs, occupent les terrains avoisinants. — Munis de longs fusils à mèches que deux hommes seuls peuvent manier, ils se sont postés derrière les - tombeaux qui. s'élèvent en grand nombre en cet endroit, et commencent, à notre approche une assez vive fusillade ; ils lancent aussi beaucoup de flèches à fusées , dont le sifflement, inconnu aux oreilles européennes, se joint à celui des balles.
Derrière ces abris improvisés flottent au vent des drapeaux de toutes couleurs qu'agitent auHlessus de leurs têtes les chefs de groupes, soit pour rallier leurs hommes, soit pour les raffermir dans leur courage.
Il faut avouer, du reste, que le terrain était mer veilteusement disposé pour une défense pied à pied; c'étaient de grands champs san& culture, couverfs de bouquets d^arbres, et, comme nous l'avons dit, de tombeaux disséminés çà et là. Parfois, des rizières inondent le sol; de longs fossés remplis d'eau sont creusée de distance en distance, et une série de petits mamelons se prêtent, en se succédant, un mutuel appui.
Au milieu de ces champs s'élèvent deux villages, dans lesquels la résistance pouvait prendre un caractère sérieux. — Certes, des troupes quelque peu aguerries
' (1) On appelle Braves une sorte de milice chinoise enrégimentée pour défendre ses foyers. Les Braves de la province de Canton jouissent dans toute la Chine d'une réputation de bravoure héféditaiie.
eussent défendu longtemps ces positions favorables; mais les Chinois^ dans leur ignorance des choses de la guerre, étaient incapables d'en apprécier l'importance. A peine le 1*^ bataillon, ayant à sa têle le commandant Vrignaud, capitaine de frégate, a-t-il débouché des maisons qui se trouvent aux abords du point de débarquement, pour aller, prendre posilion sur une hauteur à petite distance, qu'il est assailli par une vive fusillade. Le feu est très-nourri, surtout dans les deux villages situés l'un en face, l'autre un peu plus éloigné sur la gauche.
XL. — Le 2« bataillon, commandé par le lieutenant de vaisseau Nielly, s'est à peine donné le temps de se former, et arrive au pas de course. — L'amiral lance aussitôt plusieurs compagnies pour nettoyer successivement ces deux villages, et chasser les tirailleurs chinois de leurs embuscades. A mesure que nos hommes avancent, ces tirailleurs se portent précipitamment en arrière, évitant tout lutte corps à corps, mais ils continuent leur feu que protègent à chaque pas les dispositions même du terrain.
C'est ainsi que ces compagnies traversent les deux villages que l'ennemi a successivement abandonnés; elles ne rencontrent d'autre résistance que celle des balles et des flèches qui indiquent les directions dans lesquelles les Chinois se sont retirés.
Déjà nos deux bataillons ont pris position sur deux collines, à six cents mètres yde dislance du fort Lyn, but de la première attaque.