LIVRE II, CHAPITRE III
Deux obusiers, portés avec rapidité sur le mamelon, commencent immédiatement leur feu contre le fort que canonne en même temps rartillerie anglaise, et contre des masses qui se montrent sur la gauclie. — Quoique le chiffre des blessés ne soit pas considérable, nous avons eu dans ces premiers engagements un certain nombre d'hommes atteints.
XLL — Pendant que ces divers mouvements s'étaient opérés, les dernières compagnies anglaises du 59* avaient pu être débarquées et couvraient la droite, sur laquelle apparaissaient aussi de nombreux rassemblements.
Plusieurs pièces de l'artillerie anglaise venaient également prendre position en face du fort Lyn, avec le complément de notre artillerie arrivé sous la protection de l'arrière-garde.
Les batteries sont aussitôt établies, et, les projectiles, parfaitement dirigés, tombent dans l'intérieur de l'ouvrage et sur les ennemis, embusqués dans les environs.
Le fort ne répond que par un feu très -lent; mais du haut de ses parapets part une grande quantité de fusées.
Les tirailleurs chinois, blottis dans les fossés de culture, continuaient leur feu, s'éloignant au fur et à mesure que les alliés avançaient, et saus qu'un corps quelconque essayât de faire résistance.
Il était évident qu'il fallait profiter de Télan des
troupes, pour enlever de vive force le fort Lyn. Déjà, sur les hauteurs laissées ea arrière apparaissaient les têtes de colonne des bataillons des Marines prêts à servir de soutien.
Le signal est donné de se porter en avant ; une ligne de tirailleurs se détache et précède le l^' bataillon; mais rarlillerie ne peut avancer qu'à grand'peine sur ce terrain accidenté, il lui faut déployer les plus grands efforts, et doubler les équipages. *- Derrière un mamelon très-favorable à la défense, les Chinois font un feu très*vif qui incommode grandement les Anglais.
XLIL— Le général Van î^çaubenzee fait priM* l'amiral français d'occuper ce mamelon.
Aussitôt les clairons sonnent, les tirailleurs se jettent énergiquement en avant, et chassent, à la baïonnette, l'ennemi, qui se défend sans ordre et lâche bientôt pied laissant quelques morts sur la place.
C'est alors que le sergent-major d'infanterie de marine Martin des Paillières, qui marchait avec le !•' peloton, se mêle aux fuyards qui regagnent le fort en désordre. — Il entre avec eux par les embrasures, et paraît tout à coup sur les parapets avec les soldats de son peloton, au moment où le 1*^ bataillon français d'un côté, et le 59« régiment anglais de l'autre, qui avaient tourné la position, débouchaient à petite distance, devant le fort.
Le drapeau de la France flottait sur la promise con-