LIVRE II, CHAPITRE IIL
quête des troupes alliées, honneur d'autant plus doux au cœur du commandant en chef, que ce succès n'avait pas été chèrement acheté. — Quelques hommes tués ou mis hors de combat à l'enlèvement des premiers villages, quelques autres atteints par les fusées que lançaient les Chinois du haut du fort Lyn, telles étaient les pertes légères subies par le corps expéditionnaire français. — Les Anglais avaient eu un officier tué cruellement : porteur d'un ordre, le lieutenant Hackett entrait dans un des villages que les alliés venaient de traverser, une heure auparavant, lorsqu'il fut tout à coup assailli par les habitants. Le lieutenant se défendit en désespéré avec les quelques hommes qui l'accompagnaient ; mais , 'accablé par le nombre, il tomba à terre frappé d'un coup de massue, et eut aussitôt la tête tranchée. Les Anglais, furieux, revinrent sur ce village qu'ils incendièrent Deux Chinois étaient principalement accusés d'avoir participé à ce meurtre; l'un fut tué sur place, l'autre fut fait prisonnier et pendu à un arbre en vue de l'armée tartare.
XLIII. — Il était deux heures de l'après-midi; les bâtiments continuaient leur tir. — Du fort Gough et des remparts de la ville partait un feu assez soutenu qui, fort heureusement, ne faisait aucun mal aux troupes débarquées, car celles-ci étaient complètement abritées par les dispositions du terrain.
Mais, sur la gauche des positions occupées par le corps expéditionnaire français» une bsUterie, établie sur
le front nord du faubourg de Test, envoyait sans discontinuer de la mitraille et gênait nos mouvements. Déjà plusieurs hommes avaient été atteints. L'amiral Rigault de Genouilly, préoccupé de ce feu, dont ses troupes pouvaient avoir de plus en plus à souffrir, commanda au lieutenant de vaisseau Vériot, de pointer des obusiers dans cette direction et de lancer sur cette batterie des obus à balles.
Dans le même moment , le lieutenant de vaisseau Ribourt, aide de camp de l'amiral, recevait l'ordre de prendre avec lui une compagnie de débarquement de r Audacieuse, à la tête de laquelle est IM. de La Barrière, lieutenant de vaisseau, et de tourner cet ouvrage, pour l'enlever et le détruire. Le lieutenant Ribourt atteint le retranchement, derrière lequel est élevée cette batterie, sans éveiller l'attention de ses défenseurs; — les troupes chinoises, subitement assaillies à la baïonnette, prennent la fuite, après avoir un instant essayé de se défendre, et laissent sur la place une cinquantaine de morts.
Quelques compagnies, lancées simultanément dans diverses directions, délogent l'ennemi de plusieurs postes qui gênaient notre flanc gauche. — Ces différentes opérations assuraient, de ce côté, la position où les troupes devaient passer la nuit.
XLIV. — C'était un spectacle étrange d'apercevoir au loin, sur les hauteurs environnantes, des masses confuses de Chinois, spectateurs immobiles, qui seraient