LIVRE II, CHAPITRE lïl
lance de la place , tiraient avec une grande justesse et abattaient le parapet; — les deux bataillons français se portent aussitôt en avant et se serrent en masse près du point d'escalade, abrités par des maisons et par quelques mouvements favorables de terrain; car il partait des murailles un grand nombre de fusées et des coups d'enfilade assez bien dirigés.
XLIX.. — Le moment de donner l'assaut était venu. Les échelles sont appliquées le long des murs. — Sur l'une d'elle, s'élance énergiquementle lieutenant Stewart, suivi du sapeur Parkins et d'un grand nombre de matelots appartenant à la Capricieuse et à la Durance. Dans le même moment, le lieutenant de vaisseau de Vautré apparaît sur le parapet avec le matelot Triot, le second maître Pélissier et le chef de pièce Laurier.
Le commandant Collier a distribué les échelles sur tous les points accessibles ; elles craquent et plient sous le poids des hommes qui les envahissent à la fois aux cris de : Vive VEmpereu/r ! — Quelques-uns s'accrochent de leurs mains aux anfractuosités de la muraille et se servent de leur baïonnette pour gagner le haut de la brèche.
Peu d'instants après, le drapeau de la France flottait sur le sommet du corps de garde près duquel la brèche avait été pratiquée. Les défenseurs qui, jusqu'au dernier moment , avaient entretenu, du haut des remparts, un feu assez vif, ne cherchèrent pas à s'opposer à l'escalade et s'éloignèrent précipitamment le long de la muraille, véritable chemin qui compte près de vingt
pieds de largeur. — Le commandant Collier, officier audacieux et entreprenant, dont, hélas! on devait bientôt déplorer la perte, s'est jeté à leur poursuite, vers la porte de Test. L'ennemi l'abandonne et gagne l'intérieur de la ville,
L. — Le l*'' bataillon, conduit par le commandant Yrignaud, occupe aussi le sommet deâ remparts, sur lequel est déjà l'amiral; le second bataillon suit le mouvement.
Dans le même moment, la brigade navale anglaise, qui avait accompli son escalade sur un autre point, dé* bouche sur ia muraille, à huit cents mètres de nous environ (1) ; elle est à la poursuite de l'ennemi qui remonte en désordre vers les hauteurs du nord. — C'est sur le point appelé City^Hill et Uagazim-HiU que les troupes tartares ont, sans nul doute, organisé leurs derniers moyens de résistance; car deux batteries y sont construites ; et si les troupes chinoises abandonnent, presque sans coup férir, leurs différentes positions, elles conti* nuent sur d'autres points un feu de tirailleurs très-soutçnu, et nous envoient des balles et de la mitraille avec leurs longs fuàls de rempart.
Les pavillons des deux nations sont arborés sur les remparts de Canton.
(1) Dès le commencement de la journée, le corps expéditionnaire anglais avait fait uno perte regretUble. ie capitoine de vaisseau Bat«, officier du plus haut mérite, avait été frappé d'une balle au cœur, en allant examiner le fossé creusé devant la muraille d'enceinte et chercher les poinu les pliis&vorabtesàreiGalade.