‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 7 sur 187 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

travaux des ouvrages dont Tensemble est six fois plus volumineux que notre Code civil, qu'il pût les lire couramment, en connaître tous les caractères, et qu'il fût en état d'expliquer chaque mot, d'en assigner la valeur, de remonter à son origine, qu'il fût enfin capable de récrire en entier le texte de ces mêmes ouvrages.

Certes, pour peu que l'on cherche à se rendre compte des difficultés si grandes de la langue chinoise, de tous ses caractères, des combinaisons sans nombre qu'elle comporte, on comprend à quelles profondes études il fallait que les lettrés se livrassent; c'était ainsi mettre l'administration du pays dans les mains d'hommes non* seulement d'une science incontestable, mais habitués aux travaux sans fin, et aux veilles infatigables. — Aujourd'hui ces examens sont loin d'avoir la vérité et la sincérité qui en étaient la loi fondamentale.

IX. —La formation d'étabUssements européens dans les ports de la Chine est une question depuis longtemps en litige.

Je lis dans quelques pages écrites sur ce sujet par M. Guizot, des considérations qui ont une grande valeur, partant d'un esprit aussi élevé, et résumant la pensée d'un homme qui a longtemps dirigé les affaires de son pays*

A l'occasion de la mission de M. de Lagrené, en 1843, mission dont le but était de rechercher un point d'appui pour une station navale destinée à protéger nos intérêts commerciaux, politiques et religieux dans l^ mers de Chine et de l'Inde, M. Guizot rappelle les pa**

rôles qu'il prononçait à la tribune comme ministre des Affaires étrangères; ces paroles entrent d'une manière nette et précise dans le cœur même de la question.

X. — « Une des causes, disait-il, qui font l'activité et la confiance du commerce anglais, c'est qu'il trouve l'Angleterre partout, c'est qu'il sait que la puissance nationale est partout prête à le protéger et à le soutenir. Une des causes qui font la faiblesse comparative, le défaut de confiance et d'entreprise du commerce français, c'est qu'il se trouve partout à mille, deux mille , trois mille lieues de la France ; c'est que, presque nulle part, il ne sent la France à côté de lui. C'est en lui donnant ce sentiment, c'est en rendant la France présente partout où un grand intérêt commercial se développe, qu'on peut inspirer au commerce français la confiance et l'esprit d'entreprise dont il a besoin ; et le meilleur moyen de lui inspirer cette confiance , c'est de lui montrer, dans tous les grands parages commerciaux, un établissement français, le drapeau français, des vaisseaux français chargés de parcourir incessamment ces mers et d'y protéger notre commerce. Nos vaisseaux eux-mêmes, pour agir avec le degré de constance, d'assiduité et d'efficacilé qu'exige leur mission, ont besoin d'avoir à leur portée une station sûre, d'où ils puissent sortir, et où ils puissent rentrer, selon les incidents et les circonstances du moment. Qu'ont fait, pour leurs marins, toutes les grandes nations maritimes ? Elles ne se sont pas contentées d'envoyer leurs vaisseaux se promener sur toute la

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