LIVRE f, CHAPITRE I
face du globe pour protéger leur commerce ; elles se sont inquiétées de leur assurer partout des points d'appui, de ravitaillement, de refuge, de leur faire, non pas seulement sentir par la mémoire, mais toucher partout le gouvernement du pays, le drapeau du pays, la force du pays. Regardez l'histoire de l'Angleterre, de la Hollande, de l'Espagne, l'histoire môme de ces petites républiques qui faisaient le commerce de la Méditerranée ; elles ont voulu que leurs vaisseaux, leurs galères retrouvassent, dans leurs courses, le gouvernement, l'appui, la force de leur patrie ; et c'est ainsi qu'elles ont réussi, non-sculemenl à faire prospérer leur commerce, mais à donner à leurs marins cette conflance, ce dévouement qui, sur mer comme sur terre, font la vigueur morale des armées. »
Ces appréciations d'un homme d'État aussi éminent répondent à ceux qui nient l'intérêt réel que la France avait et a encore à arborer son pavillon dans les mers de la Chine et à participer aux avantages que l'Angleterre pourrait retirer des nouveaux traités qu'elle voulait conclure avec le Céleste-Empire,
XI. — La mission de M. de Lagrené amena le traité de Wampoâ (24 septembre 1844); celle du baron Gros en 1858 le traité de Tien-tsin.
L'expédition de 1860, commandée par le général de Montauban, et qui rappela le baron Gros dans les mers de Chine, eut pour résultat le traité de Pé-king (25 octobre 1860).
Cette expédition, faite de concert avec TAngleterre, portera» on doit l'espérer, des fiiiits réels, et étaMira enfin avec l'Empire chinois des relations qui étaient devenues inacceptables.
Depuis plusieurs années l'Angleterre était en lutte permanente avec la Chine ; et avant les hostilités réelles qu'amena la question de l'opium en 1840, déjà, avec cette infatigable persévérance qui ne se lasse jamais dans ses efforts et dans sa volonté, la Grande-Bretagne avait envoyé plusieurs missions, dont les résultats négatifs devaient, un iour ou l'autre, devenir la cause et la source des graves événements, dont nous voulons retracer le récit.
XIL— C'est vers 1685 environ que commencèrent réellement, après bien des tentatives infructueuses, les premiers établissements des Anglais à Canton, établissements éphémères toutefois, et ne reposant sur aucune base solide. — A tout instant, des mesures exceptionnelles, injurieuses leur étaient imposées par les fonctionnaires de l'autorité chinoise.
Le but de la politique chinoise en agissant ainsi, était d'éloigner les Européens de ses côtes, et de mettre une barrière presque infranchissable entre le commerce intérieur du Céleste-Empire, et celui des autres parties du globe.
La ténacité du caractère britannique put seule empêcher que toute trace de commerce extérieur disparût entièrement, étouffée sous celte hostilité permanente. L'An-