‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 73 sur 187 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

sieurs fonclionnaires civils avaient bien fait savoir par des notables qu'ils étaient prêts à écrire à Pé-king dans un but favorable aux demandes des nations alliées; mais aucune décision n'était prise, et leur bon vouloir apparent, toujours hautain dans la forme, et sur lequel il ne fallait compter que dans certaines limites, tendait surtout à protester personnellement contre la conduite de Yeh qui attirait sur la cité, disaient-ils, de si grandes calamités. — Mais, gagner du temps est le fond de la politigue chinoise; et unie attente sans aucun doute stérile, pouvait enlever le prestige du succès que les armes alliées venaient d'obtenir ; il était donc urgent par quelqu'entreprise hardie , de maintenir dans la soumission la population stupéfaite, pour l'empêcher ainsi de se relever du coup inattendu qui l'avait frappée.

Cette entreprise, c'était de se rendre maître des personnes du Vice-roi, du gouverneur et du général tartare. La population de Canton ainsi décapitée de ses hautes autorités, restait tout entière à notre merci*

LX. — Les renseignements que l'on était parvenu à se procurer^ donnaient des indications positives sur le lieu où Yeh s'était réfugié, et les plans de la ville que possédaient les alliés, permettaient de se diriger avec certitude sur les yamouns où se trouvaient le gouverneur et le général tartare.

Il fut donc décidé en conseil, que le 5 janvier, dès les premières heures du jour, les troupes alliées divisées

en plusieui s colonnes, pénétreraient dans la ville par différentes directions.

A l'heure indiquée, les habitants de Canton virent descendre des hauteurs dunordces trois colonnes marchant en bon ordre, et ils durent se demander quelle nouvelle résolution fatale avait été prise- — Bientôt ces trois colonnes disparurent dans la direction qui devait mener chacune d'elles au yamoun des principaux chefs.

La colonne française avait pris la grande rue qui court de l'est à l'ouest; elle ne tarda pas à arriver devant la demeure du général tartare, Muh.

Son palais fut immédiatement cerné, et le général fut fait prisonnier, sans opposer la moindre résistance. Quelques instants après, il était conduit dans sonjpalanquin au quartier-général de Gity-Hill.

A son arrivée, le général fut introduit dans une salle dépendant du logement du général Van Straubenzee, où les commandants cnchef avaient l'habitude de se réunir- Les amiraux arrivèrent presque aussitôt. Le général Muh, parent de l'Empereur, est un homme d'-une stature colossale ; sa figure a le type tartare très-accentué, mais rien dans sa physionomie n'annonce l'énergie. — Vêtu d'une longue robe grise, il porte, selon la coutume des hauts fonctionnaires de l'État, les grandes bottes de satin à semelles blanches ; de son bonnet noir, à forme pointue, s'échappe une queue de cheveux gris tressés. A peine si le général répond quelques mots aux interrogations qui lui sont faites par les interprètes.

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