‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 96 sur 187 · LIVRE m, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE II

ment. — La ville de Soo-ehow est célèbre en Chine ; les Européens n'ont pu que très-rarement y pénétrer, démises en Chinois, ou cachés dans des bateaux.

XXIII. — Les divers incidents de cette mission sont curieux à raconter. •

Le 24 février, la petite escadrille, qui comptait dixhuit jonques, quitta Shang-haï, et après avoir traversé les rivières et les lacs, entra pendant la nuit du 25 au 26 dans le grand canal impérial. Aux premiers rayons du jour, on aperçut, à trois milles de distance environ, les murs de Soo-chow. — Quelques instants après, un messager porteur d'une lettre annonçait au gouverneur Tarrlvée des envoyés des quatre puissances ; puis, sans attendre de réponse, les jonques poursuivaient leur route deux heures après. Devant les remparts de la ville, un autre messager accosta ces embarcations et annonça que le gouverneur allait venir; mais les envoyés continuèrent d'avancer au milieu des bateaux de toute forme qui encombraient la passe, et pénétrèrent ainsi dans la ville par ia grille qui barre l'entrée du canal, sans se préoccuper des cris et des gesticulations des gardiens de cette porte. Des deux côtés du canal s'étendaient les faubourgs, et on voyait de toutes parts s'ouvrir de petits canaux de communication.

XXIV. — « Le bruit de notre arrivée (dit M. de Contades dans son rapport) s'était rapidement répandu dans la ville, et ce fut au milieu d'un« foule énorme, rangée en

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deux haies sur notre passage, que nous flmes notre entrée dans Soo-chow. Dans cette foule, pas un cri, pas une seule de ces clameurs si habituelles aux Chinois, mais bien un silence profond, recueilli, qui est chez eux le signe du respect et de la crainte, et qui nous permettait de saisir le bruit de quelques observations timidement faites à voix basse. Il était facile de hre sur toutes ces figures pressées, entassées autour de nous, les sentiments les moins hostiles, plus facile encore d'y voir un étonnement, une stupéfaction indicibles.

« Une salve de six coups de canon salua notre arrivée au yamoun, à la porte duquel le fou-taï vint nous recevoir entouré de ses officiers. Entrés dans le prétoire, dont le gouverneur nous fit les honneurs avec une grâce parfaite, M. Oliphant et moi nous fûmes placés sur les deux sièges de Festrade située au fond de la salle, de façon que le gouverneur, assis sur un des fauteuils de côté, pût, suivant l'étiquette chinoise, nous avoir tous les deux à sa gauche. Les consuls et leurs interprètes occupaient des sièges disposés sur les côtés. Après les premiers compliments d'usage, je pris la parole et adressai au fou-taï quelques phrases que l'interprète du consulat de France traduisit à mesure. Je dis au gouverneur que j'allais avoir l'honneur de remettre officiellement entre ses mains une dépêche qui lui était adressée, ainsi qu'à S. Exe. le vice-roi des deux Kwangs, par le haut commissaire de S. M. l'empereur des Français; que cette dépêche en renfermait une autre à S. Exe. le premier secrétaire d'État à Pé-king, d'une importance extrême, et

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