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LIVRE III, CHAPITRE II

que je priais le fou-taï de vouloir bien, par la voie la plus prompte, et sans souffrir un retard qui engagerait sa responsabilité, la faire parvenir à sa destination.

« Le gouverneur me répondit qu'il s'empresserait de se rendre au désir que je venais de lui exprimer touchant l'expédition des notes. Je lui remis aussitôt les dépêches. Le fou-taï ouvrit la première enveloppe à son adresse, et lut ce qu'elle renfermait, pendant que tous ses officiers et secrétaires, debout derrière lui, en faisaient autant par-dessus son épaule. On nous a affirmé que parmi ces personnages il y avait de hauts dignitaires et des envoyés du vice-roi des deux Kwangs.

XXV. — « M. Oliphant prononça à son tour quelques paroles dans le même sens que les miennes, après quoi le fou-taï nous offrit un petit repas, durant lequel la conversation fut assez animée. Le gouverneur me demanda si Canton était rentré dans l'ordre, si le commerce y avait repris son cours. Je lui fis répondre que les eflforts des ambassadeurs n'avaient jamais cessé de tendre vers ce but, et qu'ils étaient heureux de l'avoir complètement atteint.

« — Qu'allez- vous faire de Yeh ? » dit alors le fou-taï.

M Un de ces messieurs répondit qu'il était parti pour Calcutta.

« — Le tuerez-vous? » ajouta Tchao d'un air assez indifférent.

« Je lui répondis que Son Excellence connaissait mal la générosité des ambassadeurs et de leurs gouverne-

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mentSr s'il les croyait capables de frapper un ennemi vaincu.

« Il nous demanda encore quand les ambassadeurs viendraient à Shang-haï ; sans vouloir assigner d'époque fixe, nous ne pensâmes pas quil y eût de Tinconvénient à répondre que ce serait prochainement. Durant toute cette entrevue, le fou-taï fut d'une politesse et d'une distinction qui nous charmèrent: Sa physionomie, presque européenne par les traits, est fine et intelligente ; ses façons sont celles d'un homma de la meilleure compagnie. En somme, il serait impossible de recevoir un accueil plus gracieux, plus aimable que celui qu'il nous a fait.

« En nous reconduisant à nos chaises avec le même cérémonial qu'en venant, et après mille compliments et poignées de main, le fou-taï nous annonça que le lendemain matin, il nous rendrait notre visite au palais comr munal, appelé Kon-Kouan, en dehors de la ville, et où ont lieu d'habitude les réceptions des plus hautes autorités chinoises, à leur arrivée à Soo-chow. — Ce fut dans ce yamouu que nous reçûmes, en effet, le 27 février, à midi, la visite du fou-taï. »

XXVI. — Le 16 mars, le contre-amiral Rigatdt de Genouilly avait quitté la rivière de Canton sur rAvalanclm et avait trouvé réuuis à Hong-kong les bâtiments qui devaient l'accompagner à Shang-haï. Il fit partir successivement pour cette destination k Primaugmt^ VAvalanck^y la Dragonne^ la Mev/rthe et la Ditra/nce^ et appareilla

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