‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 98 sur 187 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

lui-même sur la Nèmésis le 26 mars ; cette frégate à voiles était remorquée par le Phlègéthon.

Le capitaine de vaisseau d'Âboville est resté à Canton avec le commandement supérieur du corps d'occupation ; il a sous ses ordres, outre ce corps, la corvette à voiles la Capricieuse et la canonnière la Mitraille^ qui devait être remplacée plus tard par le Catvnaty le Marceau^ et fe Lilly y avisos à vapeur.

L'amiral Seymour était parti, le 25 mars, sur le vaisseau, le Calcutta, — Les deux amiraux s'étaient donné rendez-vous à l'embouchure du Yang-tse-kiang.

Le 3 avril, la Nèmésis^ portant le pavillon de l'amiral français, jetait l'ancre aux bouches du Yang-tse-kiang, suivies du Primauguet et de la Dragonne. — Au moment où la Némésis prenait mouillage aux îles Saddle, elle fut rejointe par la canonnière la Fusée^ son capitaine, le lieutenant de vaisseau Gabridli de Carpégna, remit à Famiral Rigault de Genouilly une dépèche du baron Gros, arrivé à Shang^iaï le ao mars.

XXVIL — « Le baron. Gros m'informe dans cette dépêche (écrit l'amiral) (I), que la réponse qu'il a reçue de Pé-king à la suite de la communication adressée au premier ministre de l'Empire était très-peu satisfaisante pour la forme et pour le fonds.

« Le premier ministre n'a pas daigné lui répondre directement, mais l'a fait faire en nom collectif par

(1) Dépêche à S. Exe. le minisUe de la marine , 9 avril 1858.

le vice-roi des deux Kwangs et par le gouverneur du Kiang-sou. »

Le fonds de ce document, éludant toute réponse sérieuse, annonçait qu'un commissaire impérial allait se rendre à Canton pour traiter avec les commissaires des puissances alliées et qu'il serait contraire aux traditions de l'Empire de traiter à Shang-haï avec les nations étrangères (1). Les réponses transmises à lord Elgin et à M. Reed, émanées des mômes fonctionnaires, étaient conçues dans le même sens. — Quant au comte Poutiatine, qui venait de prendre par ordre de son souverain le titre de commissaire impérial, et de commandant en chef des forces navales russes dans les mers de Chine, il était prévenu que le bureau des affaires étrangères répondrait plus

(1) Voici la réponse transmise aux plénipotentiaires par le vice-roi des deux Kwangs et le gouverneur de Kiang-sou.

« Le 26 février, nous avons reçu la communication de Votre Excellence, datée du 10 février, qui nous était envoyée pjir le secrétaire d'État Yuchin. Nous l'avons immédiatement envoyée à Pé-king, recouverte d'un sceau, et nous venons de recevoir du secrétaire d'État Yu, la réponse suivante :

a S. M. l'Empereur est magnanime et pleine de prudence. Il a daigné, a par décret, dégrader Yeh du poste de gouverneur général des deux a Kwangs à cause de sa mauvaise administration , et envoyer à Cana ton S. Exe. Kouang, en qualité de commissaire impérial, pour exa- « miner l'état des choses et décider impartialement.

« Il faut donc que Leurs Excellences se rendent à Canton pour y sou- « mettre leurs propositions. Nul commissaire impérial ne peut traiter « d'affaires à Shang-haï. Comme les règlements du Céleste-Empire a tracent à chaque fonctionnaire ses limites d'attributions, et que les « serviteurs du gouvernement chinois doivent se conformer religieuse- « ment au principe qui leur interdit tous rapports avec les étrangers, il a ne serait pas convenable que je répondisse en personne au ministre a français. Veuillez donc lui faire part de tout ce que je viens de « vous dire , et par ce moyen sa note ne demeurera pas sans réponse. »

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