‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 104 sur 170 · LIVRE II, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE III

eu de choisir notre ordre de marche et notre point d'attaque nous avait donné la plus grosse part dans cette glorieuse journée; car il était évident que c'était sur le grand pont de Pa-li-kiao que se déciderait le sort de la bataille.

L'extrême gauche de la cavalerie anglaise devait, tout en suivant sa direction, balayer ce qu'elle rencontrerait, de manière à refouler le flanc droit de l'ennemi vers son centre, qui se trouverait alors n'avoir plus d'autre ligne de retraite que le canal ou le petit pont de bateaux contre lesquels marchaient l'artillerie, Tinfanterie et la cavalerie. — Arrêtée ainsi d'un côté par les colonnes françaises, de l'autre par les colonnes anglaises, l'armée tartare devait être culbutée et mise dans le plus grand désordre.

LI. — Le corps expéditionnaire anglais, après avoir marché un mille environ, aperçut la cavalerie s'étendant à perte de vue. — Les positions qu'elle occupait indiquaient son intention d'envelopper la gauche de la ligne alliée. — L'infanterie, postée dans les petits bois qui étaient disséminés dans la plaine, pouvait masquer ses mouvements. Elle ouvrit aussitôt un feu de gingalls et de pièces de campagne.

Le général Grant se préoccupa ? érieusemenldece grand déploiement de forces sur son extrême gauche. Gomme il entendait une vive cannonade du côté des Français, il voulut, de sa personne, s'assurer de la position de ses alliés ; mais il s'égara, et, se trouvant tout à coup en

face d'un fort parti tartare, il dut, avec son état-major, rebrousser chemin. L'ennemi s'élança à sa poursuite avec de grands cris; mais,' arrivé à deux cent cinquante mètres environ de la ligne, il fut reçu par un feu d'artillerie qui l'arrôta court et le rejeta sur la droite, où l'on sait que déjà les deux brigades françaises avaient aussi devant elles des masses considérables de cavalerie qui voulaient, en les enveloppant, les isoler complètement. — G'estalors que l'apparition des Anglais, relardée par la préoccupation sérieuse que leur donnaient ces masses considérables de cavalerie déployées sur leur gauche, vint apporter un si utile appui au petit corps du général Collineau.

LU. — Le général Grant divisa ses troupes en deux corps. — La droite, sous les ordres du brigadier Sutton, et la gauche, où il se tenait en personne, sous le commandement de sir John Mitchell. — La cavalerie se porta aussitôt en avant sur la cavalerie tartare, qui venait de tenter d'inutiles efforts contre le général Collineau. — Envoyant .es cavaliers anglais s'avancer, lesTarlares se reformèrent rapidement derrière un fossé large et profond.

Les dragons de la garde du roi et les sicks poussèrent aussitôt sur eux avec une grandeur énergique. Par malheur un grand nombre de chevaux des sicks, gênés par leurs martingales, ne purent franchir le fossé et s'abattirent se culbutant en désordre les uns sur les antres et renversant leurs cavaliers, — mais les dragons du roi arrivèrent si rapidement sur les Tartares, qu'ils les

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