‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 108 sur 170 · LIVRE II, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE III

c Le soussigné ne peut croire que Son Altesse approuve la conduite déloyale tenue par quelques autorités chinoises , qui semblent vouloir pousser la dynastie à sa perte, et il demande à Son Altesse de prévenir les malheurs qui peuvent encore arriver : qu'il relâche immédiatement les Français et les Anglais qui sont détenus contre l'équité et le droit des gens, et qu'il les renvoie

où s'était réfagié le chef tartare , après sa première défaite , et Tont forcé à fuir une seconde fois, laissant son camp tout entier au pouvoir des alliés, après avoir inutilement sacrifié, ]es meilleurs de ses soldats.

Leurs Excellences ont écrit plusieurs fois au soussigné que leur parole était sincère, et qu'ils n'agiraient pas comme Kwei-liang, qui avait manqué à la sienne, et le soussigné y croit fermement. Il ne sera pas déçu dans son espoir. La paix peut être encore signée à Tung^chao, comme il en avait été convenu de part et d'autre, il n'y aura de changé dans la position que la double défaite des troupes impériales , et le campement des forces alliées qui se trouvera auprès de Tung-chao, au lieu d'être auprès de Tchang-kia-ouang.

Les conférences peuvent .donc être tenues à Tung-chao, comme il en avait été convenu ; et après y avoir signé une convention de paix , le soussigné pourra se rendre à Pé-king, pour y procéder à l'échange des ratifications du traité de 1858. Les troupes françaises campées près de la capitale retourneront alors à Tien-tsin , lorsque tout sera ternoûné à Pé-king.

Le soussigné attendra pendant deux fois vingt-quatre heures une réponse à cette importante communication, qui donne encore au gouvernement chinois un moyen de conclure la paix.

Le soussigné doit déclarer formellement à Leurs Excellences que S. M. Tempereur des Français désire sincèrement que Vauguste dynastie qui règne aujourd'hui sur l'empire chinois se maintienne sur le trône et s'y rafl"ermisse ; or, dans l'esprit du soussigné, la prise et l'occupation de Pé-king par les troupes alliées pourrait lui faire courir de véritables dangers , et le soussigné veut encore tenter un dernier moyen de conciliation, ayant de laisser cette chance se produire; ainsi donc, ou la paix encore à Tung-chao, ou la marche des troupes alliées ▼ers le nord.

Le soussigné profite, etc.

Baron Gros.

aux commandants en chef alliés qui ont rendu à la liberté des prisonniers que le sort des armes a fait tomber loyalement entre nos mains. Que les conférences s'ouvrent à Tung-chao, qu'une convention de paix soit signée et que l'échange des ratifications des traités de 1858 se fasse à Pé-king, comme tout cela a été convenu avant la trahison du 18 de ce mois, et les troupes françaises ne feront plus un pas en avant; elles s'éloigneront au contraire des abords de la capitale dès que tout sera terminé à Pé-king.

« Le soussigné croit devoir déclarer formellement à Son Altesse et aux membres du grand conseil de l'empire, que le gouvernement français veut le maintien de la dynastie actuelle sur le trône impérial, qu'il verrait avec chagrin la ruine de la capitale, qu'il veut que la paix se rétablisse entre les deux empires ; mais que si , par des refus qu'un fatal aveuglement pourrait seul expliquer ou que, par un manque de loyauté dont il n'a donné que trop d'exemples , le gouvernement chinois rejetait les justes demandes des deux puissances alliées, le sort des armes en déciderait.

« Le gouvernement chinois doit ne pas oublier que jusqu'à présent, il lui a été bien contraire, et le soussigné croit être bienveillant encore envers lui en lui donnant l'assurance que la guerre serait encore bien plus fatale pour le gouvernement chinois qu'elle ne Ta été jusqu'à présent, si, comme il ne tient qu'à lui, il ne donnait au soussigné la possibilité de faire cesser les hostilités, aujourd'hui en voie d'exécution.

Page 1