LIVRE I, CHAPITRE I
il n'a pas perdu celui de combattre jusqu'au dernier moment pour l'honneur des armes de l'Angleterre.
En vain on l'entoure y en vain on cherche à le faire renoncera son projet dansl'état de faiblesse où il se trouve ; il demande une embarcation; — V Opossum u* en n. plus. Le commandant Tricault lui offre sa baleinière, qu'il hèle aussitôt; on y transporte l'amiral qu'il faut soutenir ; car, épuisé par le sang qu'il perd, il peut à peine marcher; la baleinière, gagnant avec peine contre le jusant, remonte lentement la ligne d'embossage : — le commandant Tricault tient la barre ; l'amiral n'a plus auprès de lui que son secrétaire, M. Ahsby, les officiers attachés à son état-major sont hors de combat ou en mission.
La baleinière longe chaque bâtiment; sur celui-ci on demande des hommes, sur celui-là des munitions, mais tous ardents à la lutte et peu soucieux de Finégaiité du combat évidente à tous les yeux, reçoivent leur chef avec cette réponse si caractéristique : — « aWs well, sir. »
L'amiral est ainsi arrivé jusqu'au Cormorant, qui tient la tète de la ligne, et sur lequel se sont réunis tous les feux de l'ennemi. — C'est sur ce bâtiment qu'il veut encore hisser son pavillon. Là seulement, il consent à faire panser ses blessures sur le pont même du navire.
XVL — « Dès les premiers moments du combat (écrit le commandant Tricault) Péchec était certain. On ne luttait plus que pour l'honneur des armes, et c'était chose magnifique à voir que cette poignée de petites ca-
nonnières se gênant les unes les autres, mais soutenant et maîtrisant même sur certains points, des feux qui se croisent en tous sens et partent de remparts invulnérables. »
« Bien que j'aie déjà pris part (ajouté-il) à de vigoureuses canonnades avec des chances diverses, je n'ai rien vu de plus émouvant que cette lutte inégale, ni rien de plus noble que la manière dont elle a été supportée.»
L'amiral a fait appeler près de lui le capitaine de vaisseau le plus ancien, le commandant Shadwell, pour êti-e à même , si les forces viennent à lui manquer, de lui transmettre le commandement.
Le capitaine Vansittard , qui commandait une division de canonnières, arrive à bord du Cormorant; ses jambes sont couvertes de vase jusqu'à la hauteur du genou. Cet officier vient dire à l'amiral qu'il a sondé le terrain sur la rive droite; la vase, bien que profonde, n'est pas impraticable et peut permettre un débarquement avec des hommes déterminés. — Le combat est devenu impossible avec les navires sous le feu incessant des forts; il propose de prendre l'un d'eux d'assaut. — Dans tous les cœurs fatigués d'une lutte immobile, cette pensée énergique a un écho. —Elle est noble et belle par son audace même et par les dangers qu'il faut affronter. — L'assaut est décidé.
A ce moment le commodore américain , M. Tattnall , accoste le Cormorant sous un feu qui semble à chaque instant redoubler d'intensité; un boulet brise le tableau de ^n^mb8u*cation et tmle patron ; le commodore, qui