‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 12 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

s'apprêtait à se hisser à bord de la canonnière anglaise , est renversé par le choc, mais fort heureusement sans être blessé. — Quelques instants après, M. Tattnall est sur le pont du Cormorant; il vient exprimer à Tamiral toute son indignation de la conduite déloyale des autorités chinoises, et offrir les soldats de marine qui sont à bord de son petit vapeur, le Toei-Wan. Lié par ses instructions qui lui commandaient la neutralité, le commodore s'en dégageait enfin, pensant qu'il était de son honneur et de son devoir de protester contre des faits coupables, dont il ne voulait pas rester plus longtemps spectateur impassif. — L'amiral Hope remercie M. Tattnall de sa démarche, mais n'accepte pas cette offre tardive de coopération.

Cependant le Toei-Wan tint à honneur d'aller chercher les canots anglais .qui portaient les compagnies de débarquement, et il les remorqua jusqu'à la plage, sous le feu de l'ennemi.

XVII.— Il est environ six heures du soir; le commandant Tricault quitte, pour la première fois de la journée, l'amiral anglais et fait disposer les hommes et les canots du Duchayla. — Tout est bientôt prêt pour le débarquement; mais les compagnies anglaises sont beaucoup plus loin, sur les jonques. Aussitôt que les embarcations qui les transportent arrivent à la hauteur du Norzagaray, le commandant Vansiltart qui est à leur tête, salue le commandant français par un hurrah qui lui est chaleureusement rendu.

28 ^ Campagne de chine.

Les alliés s'avancent de concert vers le banc de vase, à l'endroit choisi par le commandant anglais pour tenter le débarquement. — Gênés par des pilotis qui encombrent le rivage, les canots ne peuvent aller s'échouer. Le temps presse, car le jour commence à tirer à sa fin ; il est sept heures et demie, et les forts lancent des volées de mitraille qui déjà ont atteint quelques hommes. Une prompte et énergique résolution est la seule voie de salut, la seule chance possible encore de succès. Les chefs donnent l'exemple, et s'élancent les premiers dans l'eau. Parfois, celle eau est profonde, et quelques hommes n'atteignent la rive qu'à la nage. —Le banc vaseux sur lequel il faut marcher, pendant une distance de quatre ou cinq cents mètres, est entièrement à découvert et sous le feu toujours croissant des Chinois; aussi, la route que suivent ces audacieuses compagnies est jalonnée de morts et de blessés qu'il faut laisser, hélas ! là où ils tombent, pour continuer la marche en avant.

Le brave commandant Tricault n'a que soixante-quatre hommes avec lui ; mais ce petit groupe résolu fait d'héroïques efforts pour traverser la nappe fangeuse qui, à chaque instant, se dérobe sous ses pas. Le fort que l'on cherche à atteindre , est celui qui borde l'entrée du fleuve sur la rive niéridionale, offrant* avec ses trois cavaliers un développement considérable. — Le point de direction est le cavalier extérieur.

XVIIL -T II faut avoir assisté à cette scène terrible pour s'en faire une idée exacte. — A chaque instant, les

Page 1