LIVRE II, CHAPITRE
à mort : nous ne pouvons les rendre en ce moment. Lorsque la convention aura été signée et les ratifications du traité échangées, ils seront certainement mis en li* berté; et alors votre noble empire verra par mes actes que je suis un homme dans lequel on peut avoir toujours une pleine et entière conQance.
« Cette communication est faite à Son Ex. H. le baron Gros , le 27 septembre 1660. »
LX. — Ces deux pièces diplomatiques disent clairement la situation réciproque dans laquelle se trouvaient les parties belligérantes.
Il était évident que l'intervention du prince Kong dans les affaires, intervention succédant à la défaite de Sang* kO'lin-sin, était la dernière ressource du gouvernement chinois réduit à toute extrémité.
L'arrivée du prince montrait-elle la question sous un nouveau jour, et l'élevait-elle à la hauteur de la haute position du nouveau plénipotentiaire placé par sa naissance sur les marches du trône ? — Non ; — elle continuait la politique suivie jusqu'à ce jour et lui donnait ainsi, tout en la condamnant, une tacite approbation.
Il est facile de résumer cette politique et d'en apprécier la pensée secrète et constante, en rappelant les pièces officielles émanées des hauts fontionnaires qui se succédaient les uns aux autres, depuis le commencement de nos différends avec le Céleste-Empire.
LXL — En 1859, le vice-roi Yeh commence à traiter
avec arrogance et dédain les ouvertures qui lui sont faites par les puissances alliées et entre de plain-pied dans cette voie interminable de dénégations, d'atermoiements et de promesses vagues et obscures.
Les joursy les semaines, les mois mêmes s'écoulent en espérances stériles. — La prise de Canton est la conséquence de cet orgueil aveugle, de ces refus persistants. — Yeh fait prisonnier par les alliés est disgracié, ses actes sont désavoués, les termes de l'édil impérial sont tels que l'on doit espérer un résultat favorable des négociations entamées de nouveau avec le Céleste-Empire. Cependant cet espoir s'évanouit bientôt, et nos navires se dirigent vers le nord dans le golfe de Pet-chi-li.— L'entrée du Peï ho est forcée, et ce fleuve, interdit jusqu'alors aux Européens, est remonté jusqu'à Tien-tsin par nos canonnières. C'est dans cette ville même que le vice-roi de deux Kwang signe enfin un traité de paix dont les ratifications doivent s'échanger à Pé-king dans un délai déterminé.
Sous divers prétextes, les difficultés recommencent, les embarras surgissent et ramènent dans le dédale obscur de cette politique insaisissable la question que l'on croyait nettement terminée. On sait ce qui advint de ce traité de Tien-tsin déchiré par les canons mêmes des forts de Peï ho. — La guerre recommence, mais cette fois avec des moyens plus puissants ; car il faut en finir avec ces subtilités d'arguments, avec ces biais échappatoires qui déplacent sans cesse la question pour se dérober à la réalité; il faut que la cause du christianisme