LIVRE II, CHAPITRE
et de la cjYilisation triomphe enfin dans cet extrême Orient sous la sauvegarde des drapeaux de la France et de l'Angleterre.
LXII. — Une seconde fois la victoire vient rabaisser Torgueil insensé et l'aveugle obstination du gouvernement chinois. Deux hauts commissaires impériaux, Kwei-liang et Heng-fou, font savoir qu'ils sont prêts à ratifier au nom de leur Souverain les clauses du traité de l'année précédente. Les alliés victorieux arrêtent leur marche surPé-king ;î1s agissentde bonne foi, loyalement; ils s'aperçoivent encore qu'ils sont la dupe de cette diplomatie dont les armes favorites sont le mensonge et la duplicité. — Ces commissaires ne sont point munis de pleins pouvoirs et voulaient, en signant un traité que le gouvernement eût repoussé plus lard, gagner le temps nécessaire à la concentration de l'armée tartare sous les ordres directs d'un chef renommé. — La ruse est découverte : — alors Kwei-liang et son collègue sont désavoués à leur tour; car le gouvernement chinois suit sa même tactique et brise un à un les instruments dont il s'est servi.
Les corps expéditionnaires se mettent en marche sur la capitale du Céleste-Empire.— Apparaît alors un nouveau plénipotentiaire, le prince Tsaï de la famille impériale, qui demande instamment aux ambassadeurs que les troupes alUées n'aillent pas plus avant : muni de pleins pouvoirs ainsi que son collègue Muh, ministre de la guerre, il est prêt à traiter sur les bases déjà conve-
nues. Nom qui différons de Kwei-liang, dit-il, nom ne manquerons pas à notre parole, ^ Ainsi Je gouvernement chinois reconnaissait ouvertement la mauvaise foi des deux hauts mandarins investis par lui des fonctions les plus élevées.
Nous avons raconté dans tous leurs détails les négo* ciations entamées avec le prince Tsaï et les conventions arrêtées entre lui et les ambassadeurs alliés. -^ Ces cmk^ ventions devaient aboutir cependant, elles aussi, à une trahison, trahison odieuse, en dehors du droit des gens des peuples civilisés, guet-apens perfide dans lequel on espérait envelopper le petit nombre de troupes qui s'avançait sans défiance vers les points déterminés d'un commun accord. — Mais la trahison n'atteignit pas son but, et l'armée tartare deux fois vaincue s'enfuit en dé^ sordre, laissant deux champs de bataille couverts de ses morts,
liXin. -^ Le danger est inaminent, la capitale est menacée; c'est alors qu'arrive sur la scène un frère même de l'Empereur. -^ Le prince Tsai est désavoué, brisé à son tour, comme ont été désavoués et brisés ses prédécesseurs. « Si précédemment les affaires ont été mal conduites (écrit le nouveau plénipotentiaire), je ne puis en être responsable, car je n'avais pas à m'en mêler, » et il termine en protestant de sa bonne foi, comme l'avait fait quelques jours auparavant le prince Tsaî. « Votre noble empire verra par mes actes que je suis un homme dans lequel on peut avoir toujours une pleine