‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 112 sur 170 · LIVRE II, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE

et entière confiance, » Toutefois, il refuse de rendre avant la ratification du traité les prisonniers traitreuse-* ment arrêtés à Tung-chao. ~ Étrange politique d'un gouvernement qui reconnaît la mauvaise foi de ses agents, mais veut profiter du résultat des actes honteux dont il décline toute responsabilité.

Tel est dans son ensemble le résumé rapide des négociations entamées devant Canton et les phases diverses qui avaient amené les corps expéditionnaires alliés à quelques lieues de la capitale du Céleste--Empire.

Tous les faits que nous avons énumérés, appuyés sur des documents officiels, se jugent eux-mêmes sans qu'il soit nécessaire d'y apporter son appréciation personnelle. D'un côté, la loyauté et la modération, signes véritables de la force et du droit; — de l'autre l'aveuglement, l'orgueil et la duplicité, signes précurseurs de la décomposition d'un empire miné par la corruption et qui se débat en vain dans son agonie.

LXIV. — La question des prisonniers de Tung-cbao venait, on Ta vu, aggraver une situation déjà bien tendue. Notre honneur nous ordonnait de n'accéder à aucune proposition de paix avant le renvoi de ces prisonniers arrêtés contre les lois de la guerre; les ambassadeurs s'étaient nettement prononcés à cet égard, et, malgré les raisonnements spécieux du prince Kong, ses assurances pacifiques et ses protestations réitérées, le baron Gros et lord Elgin déclaraient ne rien vouloir entendre avant le retour des parlementaires.

Ce retard de quelques jours dans la marche des deux corps expéditionnaires sur Pé-king était du reste nécessaire aux commandants en chef pour attendre les approvisionnements de guerre et les renforts qui avaient reçu l'ordre d'accourir à marche forcée; il ne devait rester à Tien-tsin que les troupes strictement nécessaires à sa garde. — Les démarches du prince Kong, par le retard qu'elles apportaient, ne changeaint donc rien aux dispositions arrêtées. Le délai de trois jours accordé à la réponse du plénipotentiaire chinois, assignait le 1*' octobre pour le départ des troupes alliées, en cas de refus du gouvernement chinois.

La position de Pa-li-kiao était très-favorable comme point défensif, en cas de surprise, jusqu'au jour où nous voudrions reprendre l'offensive. Ce village était très-rapproché de la ville de Tung-chao qui assurait, par les canaux qui y aboutissent, nos communications avec Tien-tsin. — Un marché très-abondamment fourni y avait été établi. — Un instant les chefs alliés agitèrent la pensée de détruire par le feu cette ville, théâtre d'une odieuse trahison ; mais nous eussions souffert les premiers de cette destruction, nous privant de ressources précieuses, tant pour les approvisionnements de bouche, que pour les moyens de transport qui abondaient dans cette ville et dont l'administration avait grand besoin.

LXV. — Les trois jours accordés par les ambassadeurs s'écoulèrent sans aucune solution favorable ; les

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