‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 115 sur 170 · LIVRE m, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE

qu'une colonne anglaise opérerait le même mouvement sur l'extrême droite de l'ouvrage, la cavalerie était prête à couper la retraite à l'ennemi. — Le général de Montauban prit le commandement de la colonne Jamin qui devait attaquer de front.

Le mouvement en avant se dessina rapidement et ne tarda pas à atteindre les retranchements qui étaient entièrement abandonnés. — Le camp avait été évacué pendant la nuit.

Le général Grant fit alors prévenir le général de Montauban que, d'après les renseignements les plus probables recueillis par ses espions, l'armée tartare s'était retirée à la résidence impériale de Yuen-mun-yuen, située au nord-ouest, à un mille et demi du point où nous étions. Le général anglais proposait à son collègue de marcher immédiatement sur ce palais et de le çrendre comme point de rendez-vous des deux armées (1). — La journée était peu avancée, les troupes pleines d'ardeur; le commandant en chef français fit répondre au général Grant qu'il allait se porter sans retard sur le point indiqué.

IV. — La marche fut longue et difficile, par suite de l'ignorance complète où l'on était du pays dans lequel on s'engageait. Si près de la capitale de l'Empire, sur les traces de-l'armée ennemie avec un effectif de troupes

(1) Rapport du géuéral commandant en chef à S. E. le ministre de la guerre. (Quartier général devant Pé-king, 12 octobre 1860.)

très'jnférieur en nombre, il fallait s'avancer avec une extrême prudence , en s'éclairant soigneusement devant soi et sur ses ailes. ^ Les routes étaient très-encaissées; bientAt les deux corps d'armées se perdirent de vue. — Le général de Montauban fil arrêter quelques paysans qu'il rencontra ; Tun d'eux lui proposa de le conduire au palais de Yuen-mun*yuen auprès duquel, disait-il, les Tartares étaient campés la veille, mais qu'ils avaient dû évacuer. — Peu de temps après arrivèrent deux régiments de cavalerie anglaise, commandés pat* I^ brigadier Pattle. — Depuis plusieurs heures , ces deux régiments marchaient seuls et ne savaient quelle direction avait prise le général Grant. -— Le brigadier anglais demanda au général de Montauban la permission de se joindre à ses troupes , et dès lors les deux régiments firent route de concert avec la colonne française.

Vers le soir , on aperçut d'immenses murs d'enceinte derrière lesquels s'élevaient des bâtiments considérables. — Les coteaux environnants étaient couverts de jardins et de pagodes élégantes dont les tuiles vernies en jaune ne laissaient plus de doute sur le voisinage du palais impérial.

« Nous suivions (écrit le général), une route en dalles de granit, et nous traversâmes un pont magnifique qui conduit au palais impérial, situé à deux ceuts mètres du pont et dont l'entrée est en face. La route, entre ce pont et le palais y est bordée à gauche de grands arbres ; sur la droite s'étend une grande place à laquelle s'ap-

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