‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 119 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE I

pas révélait des richesses nouvelles dont la magnificence est indescriptible (I).

Nous n'entreprendrons pas ici le récit de toutes ces magnificences dont le souvenir ne s'effacera jamais de la pensée de ceux qui ont assisté à cette première visite. —Nous ne rechercherons pas non plus, s'il est vrai que des soldats et même des officiers ont transgressé les ordres qu'ils avaient reçus et se soient laissés entraîner sans scrupule par un sentiment de coupable cupi-

(I) Rapport du général de Montauban. — 12 octobre 1860.

a II me serait impossible , monsieur le maréchal , de vous dire la magnificence des constructions nombreuses qui se succèdent sur une étendue de quatre lieues, et que l'on appelle le palais d'été de l'empereur ; succession de pagodes renfermant toutes des dieux d'or et d'argent ou de bronze d'une dimension gigantesque. Ainsi un seul dieu en bronze, un Bouddha, a une hauteur d'environ soixante-dix pieds, et tout le reste est à l'avenant; jardins, lacs et objets curieux entassés depuis des siècles dans des bâtiments en marbre blanc , couverts de tuiles éblouissantes , vernies et de toutes les couleurs : ajoutez à cela des points de vue d'une campagne admirable, et Votre Excellence n'aura qu'une faible idée de ce que nous avons vu.

a Dans chacune des pagodes il existe, non pas des objets , mais des magasins d'objets de toute espèce. Pour ne vous parler que d'un seul fait, il existe tant de soieries du tissu le plus fin, que nous avons fait ■emballer avec des pièces de soies tous les objets que je fais expédier à Sa Majesté.

a Ce qui attriste au milieu de toutes ces splendeurs du passé , c'est l'incurie et l'abandon du gouvernement actuel et des deux ou trois gouvernements qui l'ont précédé; rien n'est entretenu, et les plus belles choses, à l'exception de celles qui garnissent le palais que l'empereur habite, sont dans un état déplorable de dégradation.

a Dans l'une des pagodes, celles des voitures, à une demi-lieue du palais habité, nous avons trouvé deux magnifiques voitures anglaises, présent de l'ambassade de lord Macartney; elles étaient, ainsi que leurs harnais dorés, dans la même place où elles avaient été mises il y a quarante-quatre ans, sans qu'un grain de la poussière qui les couvre ait été jamais enlevé. »

274 CAMPAGNE DE CHINF.

dite, — C'est un secret entre eux et leur conscience, et que pour leur honneur, qu'ils soient Anglais ou Français, il ne faut pas chercher à approfondir. Il se passe parfois dans les armées, en temps de guerre, de tristes choses, que les chefs souvent sont impuissants à empêcher et qu'il faut s'empresser d'effacer avec de la gloire.

X. — Le général de Montauban fit placer partout des sentinelles avec les consignes les plus sévères, et désigna deux officiers d'artillerie pour veiller à ce que personne ne pût pénétrer dans l'intérieur du palais jusqu'à l'arrivée du général Granl (1).

Vers le milieu de la journée, le commandant en chef de l'armée anglaise arriva avec l'ambassadeur lord Elgin ; une commission fut aussitôt nommée pour pro* céder au partage des objets les plus précieux dignes d'être offerts aux souverains de la France et de l'Angleterre.— Les membres delà commission française étaient le lieutenant-colonel Dupin , les capitaines Foerster et de Gools (2),

(1) Rapport du général de Montauban, — 12 octobre 1860.

(2) Rapport du général de Montauban, — 12 octobre 1860.

« Les chefs anglais arrivés , dous nous concertâmes sur ce qu'il convenait de faire de tant de richesses, et nous désignâmes pour chaque nation trois commissaires, chargés de faire mettre à part les objets les plus précieux comme curiosités, afin qu'un partage égal en fût fait; il eût été impossible de songer à emporter la totalité de ce qui existait, nos moyens de transports étant très-bornés.

a Un peu plus tard , de nouvelle» fouilles amenèrent la découverte

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