LIVRE llj, CHAPITRE |. %n
Une somme de 800000 francs environ en lingols d'or et d'argent fut partagée entre les soldats des deux armées.
XL — Mais au milieu de toutes ces splendeurs , de toutes ces richesses, de toutes ces magnificences, un triste spectacle nous était réservé ; dans une des maisons qui avoisinent l'habitation même de l'Empereur on trouva es vêtements ensanglantés de plusieurs des malheureux prisonniers. Ces vêtements étaient déchirés en lambeaux, souillés de fange et de boue; la mort de ces infortunés était tracée en caractères sanglants sur ces débris abandonnés, — Tous avaient-ils péri, quelques-uns avaient-ils pu échapper à la njort î
d'une SQmme d'environ 800000 francs en petits lingots d'or et d'argent; la même commission procéda également au partage égal entre les deu^ armées; ce qui constitua une part de prise d'environ 80 fr. pour chacun de nos soldats ; la répartition en a été faite par une commission composée de tous les chefs de corps et de service , présidée par M. le général Jamin; la même commission, réunie et consultée <iu nom de l'armée, déclara que celle-ci désirait faire un cadeau à titre de souvenir à S. M. l'Impératrice de la totalité des objets curieux enlevés dans le palais, ainsi qu'à S, M. Jl'Ëmpereur ^% au Prince impérial.
a L'armée a été unanime pour cette offrande au chef de VÊtat, qui la considérera comme un souvenir de reconnaissance de ses soldat? pour l'expédition la plus lointaine qui ait jamais été entreprise.
« Au moment du partage entre les deux armées , j*ai tenu , au nom de l'Empereur, à ce que lord Slgin Ht le premier choix pour S. M. la reine d'Angleterre.
a Lord Elgih a choisi un bâton de commandement de l'empereur de Chine, en jade vert du plus grand prix et monté en or. Un second bâton, semblable en tout à celui-ci, ayant été trouvé, lord Elgin à son tour a voulu qu'il fût pour S. M, l'Empereur; il y a donc eu parité parCRit« djins çq premier choix. »
« Parmi ces effets (écrit le général de Montauban, dans sa dépêche au ministre), figuraient ceux du colonel PouUon-Grandchamps, de Tartillerie, un carnet et des effets de sellerie à M. Ader, comptable des hôpitaux, et enfin quinze selles complètes de Sicks et diverses autres choses reconnues par des officiers anglais, comme appartenant à leurs compatriotes pris le 18 septembre. »
Il n'était malheureusement plus possible de douter du sort cruel réservé aux victimes de l'odieuse trahison du 18 septembre. — C'était en vain que le prince Kong avait écrit en date du 3 octobre qu'ils étaient traités avec égards. Cette détermination , en admettant qu'elle fût vraie, avait été bien tardive, et plusieurs de ces malheureux avaient déjà succombé dans d'horribles tortures.
Le général de Montauban, après avoir passé quarantehuit heures dans la résidence impériale se prépara à aller rejoindre l'armée anglaise qui, on le sait, s'était égarée dans sa route et était campée devant Pé-king.
XII. — Le 9 octobre fut fixé pour le jour du départ. Les bivacs offraient l'aspect le plus étrange et le plus curieux; les étoffes lamées d'or, les soies les plus somptueuses, les objets d'art, les bronzes, les coffres les plus merveilleux étaient entassés devant les tentes, les uns déchirés, les autres à demi brisés. Devant ces merveilles, fruit du butin et du partage général, les soldats accroupis promenaient leurs regards étonnés sur ces richesses inconnues; çà et là des groupes nombreux de