LIVRE m, CHAPITRE II
Kong de la desiruclîoii de Yuen-mun-yuen et d'actes expiatoires, toutes les autres conditions, les vôtres comme les miennes, seront acceptées.
« Je ne vois pas de meilleure solution que celle que je vous propose, les moyens dont nous pouvons disposer, la saison avancée qui, d'un instant à Tautre, peut rendre les routes impraticables, la manière dont les commandants en chef parlent de la situation, et la crainte surtout que nous devons avoir de faire fuir le prince Kong, notre seule planche de salut, me confirment dans mon opinion. »
XXVII. — Cette lettre pleine de dignité et de sens modifia dans certaines limites les intentions de lord Elgin, mais ne le fit pas renoncer entièrement à son projet de vengeance qu'il regardait au contraire, dans ces contrées lointaines, comme un sévère et jus!e enseignement pour un peuple en dehors de la civilisation européenne.
Il répondit donc au baron Gros le lendemain.
« Je consens à omettre la clause relative à l'accompagnement par des officiers chinois des restes des malheureuses victimes jusqu'à Tien-tsin et à l'érection d'un monument expiatoire aux frais du gouvernement chinois dans celte ville, mais je n'abandonne pas la clause relative à la destruclion de Yuen-mun-yuen.
« Je demanderai 300 000 taëls pour indemniser les Anglais qui ont souffert et les familles de ceux qui ont été sacrifiés. — Je dirai à Kong que si je ne reçois pas, le 20 avant midi, une lettre de lui qui m'assure que cette
somme sera payée le 22, et qu'il sera prêt à signer la conTention et à échanger les ratifications de Tien-tsin, le 23, je demanderai au général en chef de détruire le palais impérial de Pé-king.
« Sans doute ces mesures peuvent vous paraître barbares, mais nous avons à traiter avec un misérable despote et nous devons lui faire sentir que la responsabilité des actes qu'il a commis ou qu'il a sanctionnes doit retomber sur lui. »
Ces deux lettres que nous avons cru utiles de reproduire eiiJieujtenti^ dessinaient nettement la position que voulait prendre en cette circonstance chacun des ambassadeurs.
XXVIIL — Le baron Gros ne fit pas attendre sa réj ponse et il répondit immédiatement à son collègue an- I glais, « que la destruction du palais de Pé-king, dans le cas où rien n'aurait été terminé dans le délai fixé, rentrait entièrement dans ses idées, ainsi qu'il l'avait dît, mais que la démolition de Yuen-mun-yuen lui repu- ' gnait, » Il ajoutait : « Toutefois si le général de Montauban veut y prendre part, je n'aurai aucune observation à lui faire. » — Et en même temps il envoyait copie au général de Montauban de sa correspondance avec lord Ëlgin.
Le commandant en chef français fut plus explicite peut-être encore que notre ambassadeur:
« Je partage complètement votre manière de voir, lui